La suite de l’Ipad

Qu’est-ce que va faire Apple après ?

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C’est la question que se pose beaucoup d’observateurs de cette société somme toute à la pointe des plus grandes révolutions technologiques récentes ( micro-ordinateur, musique portable, smartphone).

Ces derniers ont en effet été déçus par le modèle présenté qui, c’est vrai, ressemble à un iPod Touch en plus grand.

De même que pour l’Iphone, le caractère de rupture du produit est sans doute sous-estimé par les observateurs de première heure (souvent technophiles et non représentatifs) : autant la vitesse et le confort d’usage que le prix sont de nature à permettre une adoption importante.

Pour autant, comme pour l’iPhone 2G, qui a souffert médiatiquement de l’absence de 3G et de GPS, cette version I de l’iPad va évoluer pour dépasser la niche dans laquelle certains croit qu’il va se limiter.

Quelles vont être ces évolutions ?

i. du point de vue hardware:

a) A priori, pas grand chose d’attendu sur l’aspect fonctionnel:

- une version plus mince, mieux designée (sans les bandes noires latérales) avec une définition d’écran plus forte est assez probable.

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- bien sûr avec le temps une augmentation de la puissance du processeur, mais contenue, pour ne pas perdre en autonomie et trop s’échauffer

La rupture la plus forte sera probablement une version plus petite, à laquelle je continue à croire, pour un usage plus mobile, disons dans deux ans.

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L’Ipad est construit sur une nouvelle architecture hardware, ce qui prend du temps a réalisé. Il a du être conçu avant mi-2008, à un moment où l’App Store n’était même pas lancée et son succès non garanti (lancée en juillet 2008 avec 500 applications, 135 000 aujourd’hui). Le succès de l’Iphone n’était pas non plus aussi éclatant, il avait été vendu à moins de 5 M d’exemplaire (42 M aujourd’hui); à ce moment le facteur de forme actuel a été jugé le plus pertinent.

En effet la version actuelle vise un usage essentiellement domestique et un peu collectif: l’accent a été mis sur le partage des photos, sur un écran qu’on peut visualiser à plusieurs sous un angle très large. Apple s’est même senti obligé de réaliser une housse accessoire, ce qu’il ne fait jamais, pour permettre un usage en présentation

Un usage plus nomade et plus personnel requiert une taille plus limitée pour pouvoir l’emmener dans une grosse poche, un peu comme un gros livre.

Les ordinateurs portables d’Apple sont déclinés en 3 facteurs de forme (13/15/17″) alors qu’apple en a vendu 2 M ce trimestre. (contre 8,7M à l’iPhone). Gene Munster de Piper Jaffray, qui se trompe assez peu, prévoit 8M d’iPad en 2011. De quoi faire une gamme

En appliquant la définition actuelle de l’écran iPhone (163 ppp) (plus 20%) et en rétrécissant les bandes latérales (20% aujourd’hui), on peut gagner environ 30% en dimension, sans perdre en résolution d’affichage.

Enfin, un tel modèle, nomade par nature, devrait plutôt avoir un modem 3G de série (sans être nécessairement lié à une souscription obligatoire). La baisse des coûts sur les modems 3G aidant, cela devrait être possible. Cela pourrait convaincre les gens qui n’utilisent absolument pas leur téléphone en data d’avoir une deuxième souscription mobile data only.

On a un marché, une faisabilité technologique: je pense qu’il y aura un produit.

b) Quoi d’autre sur le hardware ?

On devrait avoir fait le tour :

- La webcam parait improbable, on voit le flop sur les micro portables, où pourtant elle fait plus de sens.

- L’appareil photo est incongru à cette taille.

- Les capacités vocales (micro et haut-parleur) sont déjà là et on va certainement en reparler d’ailleurs, associées à une oreillette Bluetooth.

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- Le GPS, les accéleromètres, la boussole sont dejà présents aussi, le 3G disponible en option.

- La grosse rupture viendra de l’e-paper, qui permet de faire des autonomies de l’ordre du mois et des écrans fins et flexibles. Mais un écran capable d’afficher de la couleur et de la vidéo de qualité, ce n’est pas dans un avenir proche

Ce n’est donc pas du coté hardware qu’on doit s’attendre à de gros bouleversements: des améliorations incrémentales de performances, oui, des baisses de prix peut être (mais on est parti très bas), une gamme plus petite, j’y crois, mais pas grand chose d’autre à l’horizon.

Ceci dit, ce n’est pas parce que c’est incrémental et peu remarqué par le grand public que ce n’est pas différenciant. Apple a construit son positionnement par une parfaite maitrise de l’innovation hardware qui lui a permis de faire des machines plus performantes que ses concurrents. Avec l’Ipad comme avec l’iPhone, ils ont 2 à 3 ans d’avance.

ii. du point de vue software

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a) Le jeu des possibles est beaucoup plus ouvert, et les opportunités de progrès plus nettes:

- le plus attendu est le multi-tâche qui devrait arriver avant la fin d’année. Il permettra de multiplier les usages en diminuant les temps de lancement des applications et en ouvrant la voie au traitement des notifications en tache de fond (par exemple pour télécharger sa liste d’articles personnalisée)

- la gestion des fichiers est la priorité suivante sur la liste: il va falloir apprendre à gérer toutes ces données qu’on peut emporter avec soi. La solution n’est pas évidente et il n’est pas sûr qu’Apple la trouve rapidement. Il faut construire un mix entre les classements hiérarchiques traditionnels et la recherche sur le contenu, en attendant que les classements par mots-clé (tags) trouvent leur implémentation; il faudra probablement au moins deux itérations et la solution actuellement retenue (classement dans l’appli) ne satisfera pas longtemps les utilisateurs professionels

- la gestion des fichiers est lié à la question de la synchronisation avec les données sur l’ordinateur de bureau, et le cloud. Là se trouve peut-être la raison de l’achat massif de fermes de serveurs qu’à fait Apple l’an dernier. Il y a beaucoup à faire, même si Mobile Me marche plutôt bien, pour en faire un outil fluide et largement utilisé. Un tel scénario n’est pas sans déplaire aux opérateurs telcos car il rendraient nécessaires une connectivité data permanente. Un système bien pensé donnant accès à son ordinateur de bureau permettrait de contrer le dilemme de tout nomade: « ai-je bien avec moi tout ce dont j’ai besoin ? »

b) Au-delà de ces évolutions nécessaires sur le système d’exploitation, on peut espérer de nouvelles applications

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- un vidéo-store digne de ce nom: l’iTunes store est encore un peu vide; c’est une source de revenus qui finira par atteindre le milliard de $

- un torrent d’applications: création musicale, dessin, prise de notes, outils de saisie professionnels divers, presse interactive, BDs, … et bien sûr jeux (20% des applis de l’iPhone); un torrent d’autant plus rentable qu’il n’est pas peer-to-peer celui-là, et que les applications pourront être vendues plus chères grâce à la taille de l’écran. Des applications qui s’appuient sur un catalogue existant de 140 000 applis iPhone, disponibles à prix coutant, sans frais de distribution physique, de packaging, de gestion de stock, ni même de marketing. Il suffit d’améliorer 1% d’entre elles et de les adapter à l’ipad pour avoir une barrière à l’entrée énorme pour n’importe quelle tablette concurrente

- une télécommande du foyer: Apple cherche toujours à imposer son modèle de distribution de contenus et a besoin d’avoir accès à la télé (le plus grand et confortable écran du foyer). Le maillon faible est aujourd’hui la télécommande qui ne permet pas d’accéder à la richesse du contenu. Or les années passant on se rend compte qu’il faut 3 éléments distincts: la source de contenu, l’écran du salon et la commande dans les mains, incluant un interface visuelle, pour commander depuis le canapé; toutes les autres solutions sont vouées à rester des buzz marketing. Le principal frein (le prix de la télécommande) saute quand le hardware est déjà financé pour d’autres usages. Reste à gérer la cohérence de l’expérience utilisateur et l’accès aux sources, des domaines où Apple est reconnue. L’appli existe d’ailleurs déjà dans sa version iPhone (Remote) et était une des premières téléchargées à l’ouverture de l’App Store.On devrait voir ressortir des plans pour un media center apple, là ou l’AppleTV a échoué, maintenant que toutes les pièces du puzzle sont là (iPad, MacMini, TV connectée, présentées au CES de 2009)

- et dans le domaine de la télécommunication ? On a beaucoup parlé de visiophonie et il semblerait même que l’OS de l’iPad en contienne des traces. Apple a fait pas mal d’effort de ce côté à avec iChat sur sa ligne d’ordinateurs. Il semblerait que les usages ne soient pas au rendez-vous. Peut-être reessaieront-ils sur un futur iPad, j’y crois peu, le facteur de forme s’y prête mal, ou alors pour créer du buzz; mais l’usage ne prendra pas. Reste la voix unifiée (liée à l’instant messaging). Il me parait clair qu’il y aura des applications et un petit noyau de fervents utilisateurs. La techno est maintenant stabilisée.

iii. de nouveaux business models

Il reste un terrain vierge à explorer, celui des business models201002020100.jpg

Le modèle de l’iPhone est simpliste: l’appli est vendue quelques euros et Apple prend 30% en contrepartie de ses efforts de mise en avant, de distribution, de validation et de la prise en charge de la facturation.

Ce modèle est satisfaisant pour des développeurs indépendants, mais pas pour des sociétés qui veulent lancer des projets plus complexes. Ni pour des éditeurs de contenu.

Sur l’iPad on va vendre plus cher, mais ce n’est pas seulement ça.

On pourrait voir fleurir des innovations de tout ordre, mais comme Apple aime bien contrôler l’expérience uilisateur et aime la simplicité, on devrait se limiter à quelques modèles additionnels de base, poussé par des tierces parties:

- le logiciel est offert et permet d’accéder à du hardware (en bluetooth ou wifi) qui est payant

- on peut acheter un contenu qui est facturé par Apple à l’acte (c’est le cas du Book Store) ou par ailleurs sous réserve d’abonnement

- de la publicité (il y a de l’espace); d’aileurs Apple vient de racheter une régie

- la subvention de l’iPad contre l’abonnement au contenu

- des ventes croisées iPhone/iPad avec plan de communication; l’un servant de modem à l’autre.

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Cela fait déjà beaucoup à imaginer et on peut penser que ce produit va continuer à occuper l’attention

des investisseurs,

des développeurs,

des journalistes

et des consommateurs

tout au long de 2010 et 2011, en attendant le prochain produit magique….

Le nouvel iPad d’Apple (en vrai)

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Suite de mon article d’il y a 6 mois : fin de la rumeur et bilan des courses.

J’étais pas trop loin:

- 64 Go, 700$ comme attendu en version Wifi. Le 3G pas obligatoire

- sortie pas encore annoncée donc pas loin de la mi-année

- positionnement un peu attappe-tout, mais plutôt loisir, y compris le jeu, avec un accent sur les capacités vidéo

- un côté familial avec le partage des photos, les jeux et YouTube pour les enfants

- option e-book quand même

- un produit qui n’est pas un ordinateur, avec peu de logiciels de base (d’ailleurs c’est l’OS de l’iphone)

- j’avais trouvé le nom ;-)

Du côté des surprises:

- elle est plus grande que prévue (9,7″) soit 24×19cm

- elle est …moche, peut-etre pas, mais lourde, avec son epaisseur de 1,34 cm et ses bords noirs énormes

- elle a une autonomie impressionnante (10H)

- elle a un prix d’entrée de gamme massacré à 499$ dans la version 16 Go

En réalité je suis un peu déçu, j’aurais aimé quelque chose de plus joli et plus petit, mais à la réflexion, c’est probablement le meilleur compromis pour faire un marché de masse.

Le fait qu’il y ait 6 options RAM/ 3G est d’ailleurs très révélateur de l’incertitude d’Apple, ou de la segmentation des besoins , encore immatures.

Enfin, à 499$, on a un prix d’appel impressionnant.

Du coup, ça devrait faire de belles ventes quand même…

Next Big Thing, la suite

Bon j’ai un papier en retard.

Qu’est-ce qui va nous arriver dans les 10 ans ?

Ce genre de sujet est difficile.

D’abord il y a de la concurrence. Plein de gens qui disent n’importe quoi, et qui se recopient les uns les autres. Difficile de trouver la bonne inspiration.

Ensuite, à la différence de la plupart des processus d’apprentissage, il n’y pas de boucle de rétroaction. Pas d’instituteur sévère pour vous taper sur les doigts en vous disant « vous vous êtes trompé »; il est donc quasi impossible d’apprendre de ses erreurs, tout simplement parce qu’on ne se rappelle pas vraiment ce qu’on pensait il y a 5 ans et surtout, quelles étaient les hypothèses associées.

Il faut donc avoir au fil du temps à la fois la vision sur ce qui plait (facile, ça prend juste un peu de temps), et sur ce qui est rentable (beaucoup plus dur, car on ne claironne pas sur les toits sa situation financière instantanée, et encore moins ses échecs); et en construire des intuitions, qui, par définition ne sont pas des argumentaires rationnels, et donc toujours délicates à communiquer

Ces précautions un peu hypocrites étant posées, que dire ?

D’abord le cadre:

- connectivité permanente et abondante (de plus en plus forfaitisée, c’est-à-dire non payée à l’usage, même si le mobile résistera plus longtemps que l’accès fixe, pénurie de ressources hertziennes oblige)

- domaine de la gratuité de plus en plus étendu,

i. parce personne ne veut payer pour du contenu, tout au plus paie-t-on pour un support pratique, mais un nouveau support digital, c’est tellement intangible que c’en est une gageure

ii. parce que la dynamique des startups innovantes fait qu’elles doivent d’abord croître pour se valoriser (et le gratuit est la meilleur dépense marketing, celle où le coût d’acquisition client est le plus faible), et qu’une fois établi, on trouve toujours un business model de financement gratuit, que ce soit par la pub ou par le rachat pour conforter des services tiers (augmentation de la stickyness / diminution du churn). Une variante de cet argumentaire étant de remarquer que les internautes les plus efficaces pour créer du buzz, et donc les moteurs de toute campagne de marketing virale sérieuse, sont les post-ados, qui n’ont pas d’argent.   

iii. parce que le gratuit est déjà très présent, ou au moins la gratuité marginale (on ne paie pas plus pour consommer plus) comme on peut en trouver des exemples ici

- arrivée dans la vie professionnelle des « digital natives », ceux qui n’ont jamais rien connu d’autre que le numérique et la connectivité permanente

- effondrement du prix du hardware, en particulier des écrans

- basculement de l’économie mondiale à l’Est, avec un milliard d’individus solvables ayant de nouveaux besoins à satisfaire

… et les prédictions :

- floraison de devices dédiés divers: GPS, e-books (orientés presse et magazines), lecteurs Vidéo On Demand, cadres photo (e-paper couleur), aides cuisine (reliés à l’achat par internet), ordinateurs de bord sur vélo, coaching sportif (gps), traqueur d’animaux familiers, suivi médical…

- parallèlement le smartphone résiste en complémentant les innombrables mobiles applications par des périphériques dédiés modulaires et devient l’interface de commande de référence dans la maison

- dissociation physique du smartphone entre la composante voix (intégrée dans des bijoux déco) et la composante donnée sur écran. Les durées de communication explosent. Pénétration très progressive cependant.

- réalité augmentée banalisée (smartphones, voitures) donnant accès de façon visuelle en surimpression à des informations sur son environnement physique immédiat.

- moteur de recherche graphique, qui, à travers le mobile , donne accès à de l’information sur ce que je vois: produits, lieux, gens (reconnaissance des visages). Plutôt payant car couteux en ressources de calcul.

- disparition de la souris. Accès des personnes âgées à l’internet.

- accès possible à toutes ses données personnelles depuis n’importe quel point (PC) de connexion. Backup permanent

- disparition des CDs DVDs CD-ROMs, … Tout est dans le Cloud et téléchargeable.

- fin de l’hégémonie des cartes bancaires; le mobile devient un outll de paiement accepté presque partout

- début de la disparition de la TV comme média de broadcast inscrit dans une grille de programme, pour devenir un terminal connecté de plus, orienté loisir, nourri par un flux de contenu déstructuré et personnalisé.

- création de licence globales dans certains pays et sur certains secteurs faute d’un business model rentable (musique, presse, une partie des contenus vidéos)

- communautarisme de réseaux: les gens se regroupent par affinité, pour le meilleur (réseaux d’affaires, sociaux, …) ou pour le pire (pirates, pédophiles,…) , à travers des outils de communication privées bien sécurisés, inaccessibles aux Etats, où ils s’échangent informations et données en impunité forte.

- parallèlement le concept de vie privé devient de moins en moins pertinent , d’abord parce que les jeunes ne s’y retrouvent pas, ensuite parce que chaque action privée devient une brique de son personal branding qui est nécessaire à toute existence sociale. De toutes façons, vidéosurveillance, tracking mobile et badgeage sont devenus omniprésents

- l’internet des objets fait son apparition, puisque ceux ayant le plus de valeur sont maintenant identifiables à distance à travers des étiquettes RFID donnant droit à des services additionnels au consommateur.

- le travail est modifié: le télétravail est banalisé pour faire face à l’augmentation des loyers de bureau et éviter l’inconfort des open space; la collaboration en ligne, wiki et autres blogs, devient indispensable en entreprise pour retenir les nouveaux embauchés et garantir la réactivité dans une économie mondialisée toujours plus concurrentielle. On peut d’ailleurs trouver ironique cette socialisation de l’espace de travail sous la pression des actionnaires.

- les concepts qui ont créé la société de consommation, produits et marques, doivent s’adapter dans un contexte de demande paradoxale qui exige des premiers non seulement de de ne plus être jetables mais d’être évolutifs tout en restant fiables, et des deuxièmes d’être transparentes et crédibles tout en rejetant leur communication traditionnelle. Les pistes de solution ne sont pas claires et la transparence sous forme de produits virtuels (miroirs des produits physiques) et de communautés d’utilisateurs auto-gérées, outre qu’elle laissera de nombreuses entreprises sur le carreau car incapables de suivre, pourrait entrer en conflit avec des circuits de distributions et des tactiques de pricing de plus en plus opaques.

A celà s’ajoute que la société de consommation étant intrinsèquement basée sur la création de nouveaux besoins dénoncés comme futiles par une partie croissante de la population occidentale (qui s’inquiète à juste titre des conséquences de la poursuite de la croissance sur l’équilibre écologique à l’horizon d’un siècle), le risque d’une déflation en Occident existe, tandis que l’Orient sera lui aussi naturellement concentré sur la fourniture des produits et services les plus basiques pour sa nouvelle classe moyenne.

- une vision optimiste serait une évolution vers une société de création, où sous l’impulsion de « role models » mettant en valeur l’expression de soi, le temps libéré par la baisse de consommation serait consacré à des activités plus créatrices et finalement plus satisfaisantes, lesquelles, dans une économie numérique ne sont pas très couteuses. Plutôt que de s’endetter pour s’acheter une voiture neuve, on fera des photos pour décorer sa maison.

Et pour finir ?

On pourrait dire que les années 70s et 80s ont été celles de la consommation, favorisant la vente de produits, les années 90s et 2000s celles de la communication, favorisant la consommation de services plus ou moins payants, et on peut se demander si les années 2010s ne seront pas « sociales »

« Sociales » au sens où l’économie social-démocrate qui gouverne l’Occident pourrait glisser de plus en plus dans le social:

- déstabilisée par une crise financière sans précedent depuis 29, qui a dynamitée la croyance dans un modèle de capitalisme individuel pouvant s’auto-réguler, et dont la survie n’a été possible qu’à travers une intervention massive de l’état   

- attaquée par l’économie numérique dans le fondement même d’un de ses pilliers, l’ordre marchand, à savoir le lien entre la propriété et l’usage. Une propriété de plus rejetée implicitement au moins en partie par la majorité de la population jeune montante, qui vit dans un monde de gratuité pour ses loisirs. Une population qui par ailleurs à de grandes difficultés à accéder par le travail à un niveau de vie égal à celui de la génération précedente.

- mise en accusation dans sa nature même à cause de ses responsabilités passées et futures dans le réchauffement de la planète, risque écoloqique global maintenant reconnu par l’opinion publique

- enfin construite de plus en plus sur une inter-relation forte entre ses membres, une autre façon de dire que la valeur boursière est de plus en plus « user-generated »

Le Next Big Thing des années 2010 pourrait être un infléchissement du seul système qui a réussi à créer de la valeur et de la prospérité de façon acceptable depuis un siècle:

- en sortant une part importante de l’économie de la sphère du monétisé

- en basant de plus en plus la richesse sur des biens publics communs

- en partageant (pour ne pas dire socialisant) le financement de nombreuses activités

- en légitimant le rejet du modèle précédent par une part grandissante de sa population

On pourra s’étonner de voire un article commencé sur la recherche de la prochaine tendance consumériste se saborder ainsi, mais ainsi vont les prédictions: elles se construisent sur des intuitions qui se cristallisent de façon autonome.

A cet égard, 2009 ayant été l’année de toutes les ruptures (financière -crise et endettement- , économique -recession-, politique – obama-, écologique -prise de conscience des gouvernements), elle fait un bon candidat pour inaugurer une rupture sociale

Ainsi vont aussi les blogs: ils permettent d’ouvrir des conversations sur des sujets encore incertains.

Les femmelettes écrasent les machos

Un-amas-d-etoiles-en-creation-situe-dans-la-Voie-Lactee Il y a un peu plus de cent ans un obscur employé au service des brevets de Berne dynamitait tranquillement rien moins que la conception du monde de ses contemporains.

Le temps et l’espace étaient relatifs, la notion de simultanéité n’avait pas de sens, la masse c’était de l’énergie, la lumière c’était à la fois une onde et des particules, dont la vitesse était indépassable bref, tous les physiciens retournaient en cours préparatoire pour apprendre à compter.

Pendant vingt ans, tout le monde s’est agité, et au lieu d’enfermer l’hurluberlu, on a fini par lui donner un prix Nobel, malgré qu’il ait entre temps affirmé que les rayons de lumière étaient courbés par les forces de gravitation, et autres zakouskis hermétiques que de guerre lasse, on appela relativité générale, qui sonnait mieux que subjectivité extrapolée ou variété pseudo-riemanniene quadri-dimensionnelle.

Pendant près d’un demi-siècle, on resta sur les mêmes idées qu’on développa sans vraiment les prendre en défaut, donnant naissance à toute un peuple d’atomes, protons, électrons, neutrons, grosso modo des concepts à la portée d’un enfant de 5 ans, puis plus tard quarks, gluons, bosons, déjà un peu plus exotiques, avec leur couleurs, charmes, étrangeté, beauté…

Dans le ciel, il y avait les étoiles.

Assez rapidement on s’aperçut qu’elles s’éloignaient les unes des autres et que cela pouvait être expliqué par une expansion de l’univers. Une hypothèse d’ailleurs formulée par notre allemand chevelu, même si lui n’y croyait pas

Les étoiles étant en interaction par les forces de gravitation (elles s’attirent sous l’effet de leurs masses), l’observation de leurs mouvements devrait être en relation avec ce qu’on sait des masses ds étoiles.

Et alors là surprise. il manque 80%-90% de la masse. Vu les mouvements observés, on peut assurer avec certitude que la plus grande part de la matière nous reste invisible

C’est là qu’apparaissent deux candidats, les WIMPs (femmelette, mauviette en anglais) et les MACHOs.

Les Weakly Interacting Massive Particles, des particules nouvelles, qui n’interagiraient que très peu (d’où la difficulté à les repérer) et rempliraient tout l’espace, et les Massive Compact Halo Objects, des objets énormes, faiblement lumineux, genre étoile morte, l’étape avant le trou noir, (ce genre de truc dont un dé à coudre de matière pèse un milliard de tonnes).

Jusqu’à récemment, on hésitait entre les deux théories.

C’est alors qu’on a lancé Hubble, un mignon téléscope de 11 tonnes en orbite à 600 kms de la terre, pour pas être dérangé par les moustiques et la fumée de barbecue des voisins. (en 1990)

On a pu ainsi regarder le ciel au fond des yeux. Compter les étoiles dans notre galaxie, la Voie Lactée. Environ 200 milliards. Compter les galaxies. Environ 100 milliards. (oui, ça en fait des candidats à des planètes « vivables »). Et encore, c’est que le visible. On sait pas ce qu’il y a au-delà

Et compter les MACHOs. Et là bingo, les MACHOs ne font pas le poids.

Donc on pense que l’univers est peuplé de femmelettes. Beaucoup beaucoup, puisque ça fait dans les 10 fois le poids de toutes les étoiles (environ 10^^80 atomes, pour ceux qui aiment les chiffres)

Mais tellement peu courageuses qu’elles se cachent. En gros on arrive pas à les voir ou à leur taper dessus.

Alors on a créé des petits lieux cosy, où on n’est pas dérangé, comme une cave sous le tunnel du mont-blanc, à 1700 m sous-terre. Là on espère en voir une demi-douzaines en deux ans. Si, si on ne rigole pas.

Si on trouve ces 6 là, on pourra en déduire que l’ensemble de l’univers, à 90% est fait de ça. C’est beau non ?


Allez c’est pas fini. Il y a un bonus.

Donc d’abord on n’est qu’une planète sur les huit du système solaire (Pluton, a été dégradée, vous ne saviez pas ? Trop de mauvaises fréquentations dans son entourage. Une vraie planète doit savoir se faire respecter)

Ensuite notre soleil n’est qu’un étoile parmi des dizaines de milliers de milliards de milliards. (ça calme)

Ensuite toutes ces étoiles ne sont qu’environ un dixième de la matière existante.


Mais en plus il y autre chose. Autre chose que de la matière.

On ne sait pas très bien quoi. On l’a appelé énergie du vide, ou énergie sombre.

Son existence découle de l’observation de l’accélération de l’expansion de l’univers. Oh c’est pas très rapide. Environ x3 tous les 15 milliards d’années. Mais ça accélère. Et en gros, c’est l’énergie sombre qui produit cette accélération. ça représenterait 70% de l’énergie de l’univers, en vertu des équations du vieil Albert, qui sont toujours valides (il parait qu’à trois ans il parlait toujours pas, il s’est bien rattrapé).

Et les 30% qui reste, c’est la matière de l’univers. Oui E=mc2, je vous rappelle.


L’écologie c’est compliqué

- le velo consomme plus qu’une voiture électrique (il faut nourrir l’homme qui appuie sur la pédale)

- l’eolien ça crée des centrales thermiques (il faut des capacités de production pour quand il n’y a pas de vent)

- la taxe carbone ça fait payer les pauvres et les ruraux (et oui, c’est eux qui polluent le plus par euro gagné)

- le plus écoloqique c’est d’habiter en ville dans un immeuble (c’est plus efficace à chauffer et il y a moins de trajets à faire)

- le nucleaire c’est cool (il y a des ressources pour 200 ans, pas trop mal réparties, et ça rejette pas de CO2)

- le chauffage electrique c’est pas si propre (ce sont les centrales thermiques qui assurent les pointes)

- les lampes à incandescence ne sont pas si inefficaces (pas de mercure, et la chaleur dissipée chauffe la pièce)

- le tri sélectif n’est pas toujours rentable (complexité de la collecte et absence de débouchés)

- …

En tout cas, je n’aimerais pas habiter à côté d’une éolienne

L’avenir de la musique en ligne

Ça fait plaisir de voir un peu de réflexion structurée sur l’avenir de la musique, une de mes marottes, et je vous invite à lire l’article.

Mais je suis pas d’accord avec tout:

1) accélération de la chute du marché physique: oui, il n’y a plus d’usage CD.

Et puis comme toutes les études montrent que les pirates sont aussi les plus gros consommateurs, la loi hadopi, très mal vécue, va générer des envies de vengeance en stoppant les achats physiques

2) itunes a mangé son pain blanc: oui et non

c’est vrai que la gestion de milliers de titres touche ses limites par la complexité qu’elle impose au consommateur mais il ne faut pas oublier que itunes s’est imposé contre les systèmes d’abonnement:

les gens n’étaient pas prêts à ne pas posséder la musique (la situation qui prévalait alors, avec les DRMs ) dc pour remplacer itunes, il faut soit trouver un système où les gens continuent à posséder quelque chose, (avec toute la difficulté liée à l’achat de biens digitaux) soit que les usages changent de la possession au service

Et les usages de propriété ne changent pas vite du tout. c’est même le contraire qu’on voit dans la plupart des domaines: les services se matérialisent: on prefère acheter que louer, quitte à revendre d’occasion.

D’où l’idée des nouveaux services, de faire du streaming mais financés par la pub.

A supposer que le streaming continue sa percée, il faudra quand même qu’il fasse ses preuves face aux radios gratuites et qu’il soit capable de génerer des flux intelligents, ce qui n’est pas si facile. De nombreux moteurs de reco sont vite lassants.

Face à ça il est douteux qu’itunes reste inactif. Déjà Apple a introduit les Mélanges Genius qui sont bien ça. Le fait qu’ils soient aujourd’hui peu pertinents n’est pas éternel, et on voit mal pourquoi itunes ne pourrait pas copier deezer ou spotify. Je soupçonne que la réécriture complète de itunes actuellement en cours apporte de nouvelles fonctions de streaming

La limite étant quand même que le business model de apple est basé sur la vente de matériel, c’est-à-dire de receptacles à des fichiers (la raison pour laquelle on n’a pas de radio fm sur les ipods), bien plus rentables que le business de la musique . On peut imaginer que ça retarde l’évolution vers le streaming.

Mais leur position concurrentielle est tellement forte que je les imagine mal se faire grignoter sans contre attaquer (qui d’ailleurs aurait leur puissance marketing ?)

3) la musique enfin mobile: oui mais

oui, techniquement on peut faire, mais économiquement ça reste beaucoup trop cher: ce qui est fait aujourd’hui n’est pas soutenable par les opérateurs réseau à grande échelle; et ça ne devrait pas changer vite: les fréquences sont des ressources rares.

Par contre le mobile devient bien la télécommande ultime, donc chez soi (wifi) pas de problème

4) fin du mp3: à court terme coexistence en tout cas

je crois à un retour de l’album, pour se rapprocher du concept originel de l’artiste. (Je ne parle pas du bas de marché qui achète le dernier tube à la radio, mais des gros consommateurs). Et c’est plus facile à gérer sous forme de fichier, mp3 ou autre. Voir d’ailleurs l’initiative intéressante des LP iTunes

La radio n’a pas tué la presse: c’est intrinsèquement humain de vouloir posséder ce qui fait plaisir. les cueilleurs ont vaincu les chasseurs

Si mon analyse d’un retour à l’album est juste, ce sera un frein au streaming, dont il faut bien comprendre qu’il est d’une victoire de la logique de consommation (le robinet à musique) sur celle de la création (voilà tout ce que j’ai à dire maintenant, en 12 titres). Et cette logique de consommation, je la vois faiblir, sous la double pression de la crise, qui remet en cause l’achat compulsif, et de l’éducation musicale forcée, à écouter toutes ces musiques acquises gratuitement et illégalement

On verra peut être une hybridation, à l’image de ce que fait itunes avec Genius (decidement !): j’ai un fichier et je déclenche un streaming de titres pertinents, demain peut etre avec des titres qui ne sont pas dans ma bibliothèque

5) disparition du P2P: oui

mais remplacé par les download pirates à la rapidshare

Le constat avait été fait dès 2006

7) plusieurs plateformes gagnantes: oui, mais quand

Tant qu’apple a le monopole des lecteurs mp3, itunes store reste un passage obligé.

Tant que la musique ne peut pas etre économiquement mobile (voir 3) il faut bien acheter des fichiers.

8) playlists: bien vu

9) mxp4: euh ?

j’y crois pas du tout. les marchés de masse ne sont pas des marchés de créatifs mais de consommateurs, depuis toujours.

Déjà que les musiciens ont de plus en plus la flemme de faire de la musique, merci les DJs, alors le grand public…

10) le marché de musique croit: c’est dejà le cas… .

.. si on inclut la musique vivante (les concerts)

Mais il ne faut pas oublier que le marché de la musique s’est construit sur une double escroquerie:

- celle des majors qui ont accaparé une grosse partie de la valeur en contrepartie de leurs efforts de marketing, au détriment de la création, pour pousser des tubes éphémères vite oubliés par l’histoire

- celle de l’album, où l’on vendait un CD entier à des clients qui voulaient le tube

Du temps de l’age d’or du CD, on achetait 20-25 euros un produit qu’on écoutait 1,2 fois. Je ne crois pas qu’on retournera à cet état de marché; dit autrement, il y a encore de la marge pour effondrer la vente des contenus

Les artistes vont devoir faire un effort de créativité énorme pour inventer de nouvelles formes d’échange avec leur public, c’est-à-dire en donnant plus de contenu (images, textes, clips), des bouts d’intimité, pour nourrir le mythe (et non pas du mpx4 pour le déconstruire…)

Dans un post récent , je renvoyais à paul graham qui rappelait qu’on ne vend pas du contenu, mais un support facile d’accès.

Dans le cas de la musique, on vendra de plus en plus une expérience (le concert) et des supports de contenu qui se rapprochent d’une expérience en rentrant dans l’intimité de l’artiste. L’artiste sera de plus en plus total (multimédia), et toujours une construction marketing (un concept, un spectacle). c’est pas gagné que tout le monde y arrive.

A l’inverse, et pour finir sur une note optimiste, tout le monde consomme maintenant de la musique en permanence, ce qui étend le marché potentiel, une fois qu’on aura trouvé le nouveau support miracle


Personne n’a jamais vendu de contenu

C’est la thèse intéressante de Paul Graham, un des meilleurs capital-risqueurs de la silicon valley

http://www.paulgraham.com/publishing.html

On n’a jamais vendu de contenu mais:

- soit de l’information, c’est-à-dire un moyen de gagner plus d’argent

- soit de la forme (un support): une façon pratique d’accéder à du contenu

A partir de là on peut être inquiet pour ceux qui veulent vendre du contenu sans support (la musique)

Next Big Thing ?

Les ruptures technologiques et économques qui ont changé la vie des gens:


1970’s

Téléphone

Télé couleur

Hi-Fi, K7, musique populaire consommée en masse

Hypermarchés

1980’s

Walkman, CDs

Radios FM

Magnétoscope

Voyages de masse


1990’s

Ordinateurs, portables

Internet (ebay, amazon, bourse), sites persos, mail

Mobile

Concurrence, distribution spécialisée (habillement, bricolage, parfumerie, sport…)

Bouquets TV

Bourse


2000’s

connecté: ADSL, wifi, IM, iPhone,

gratuit: musique, logiciels, films, news, info, stockage…piratés, donnés ou financé par la pub

communautés virtuelles (blogs, Facebook, Myspace, LinkedIn, twiiter…)

connaissance en accès direct: google, wikipedia, YouTube,

digitalisation: musique, photo, films en cours

Mythes: séries télévisées, films épopées, jeux vidéos massivement multi joueurs,


2010’s

Suite dans un prochain post …

La dure réalité de la taxe carbone

La taxe carbone est a priori une bonne idée, et peut-être même la seule possible, pour faire baisser les émissions de CO2.

Seul problème: elle révèle une dure réalité, à savoir que les plus gros emetteurs de carbone sont ceux qui habitent en maison individuelle et utilisent beaucoup leur voiture. Elle cible en particulier les gens à la campagne. Or ceux-ci ont un niveau de vie moyen (en euro) plus bas que la moyenne. De plus la taxe ne peut avoir d’effet que si elle est forte

La logique veut donc que l’on taxe davantage les personnes considérées, et si on ne le fait pas, par réalisme politique, d’une part on diminue l’efficacité de la taxe, d’autre part on crée une inégalité devant l’impot qui n’est ni très morale (puisque les ruraux rejettent bien en réalité plus de co2), ni très constitutionnelle.

Les ruraux se plaignent à juste titre de ne pas avoir le choix de leur moyen de transport. De même, les citadins n’ont pas d’autre choix qu’habiter dans des petits appartements sans jardin dans des villes polluées.

Mais surtout, voilà une taxe antisociale, où l’on perd son sang-froid, (private joke), puisque les riches paieront moins en proportion de leur revenu, que les pauvres.

Grosso modo parce que quand on est dix fois plus riche que son voisin, on ne fait pas dix fois plus de kms en voiture, on n’a pas une maison dix fois plus grande, et on ne va pas dix fois plus en vacances à l’etranger.

Au bout du compte, la taxe carbone ne fait que révéler qu’être écologique , ça demande des efforts de tous, classe moyenne et plus modeste, et pas seulement de rouspéter contre les 4×4 des beaux quartiers, et que les efforts, ça coûte

Moralité les ecologistes logiques oeuvrent pour le grand capital !

Le nouvel iPad d’Apple

Une fois n’est pas coutume, on va faire un peu de futurologie.
Apple va sortir mi-2010 une tablette tactile d’environ 8″ d’écran.

Scenario 1:

La cible visée sera assez réduite: des gens qui ont déjà un smartphone et un ordinateur portable et recherchent un outil confortable pour les fois où ils ne veulent pas emmener leur portable

Bien sur ça embarquera les outils de productivité classiques (mail, navigateur, calendrier, carnet d’adresse,..), bref MobileMe, mais aussi de distraction (musique, films).

Problème: s’il faut payer un deuxième abonnement  data mobile (en plus de l’iphone) ça risque de faire cher pour beaucoup, même sur cette cible CSP+

Scenario 2:

Apple cherche à refaire le coup de l’iPod mais avec la vidéo. Il crée un catalogue de films digne de ce nom . L’Ipad reste prioritairement destiné à faire du Wifi, par lequel il se recharge en contenu, en passant par la box adsl.

Pour que le nomadisme ait un sens, le terminal peut etre raccordé à la plupart des télés modernes, en filaire (HDMI).

Problème: l’USP (Unique Selling Proposition) est faible, car on ne regarde pas si souvent que ça des films hors de chez soi, et dans les transports en commun, ce n’est ni confortable, ni très prudent

Scénario 3

On copie la stratégie du Kindle.

Vraisemblance faible: c’est une trop petite niche pour Apple, 5 à 10 x moins que l’iPhone et Amazon a une avance de deux ans au moins (sans compter les synergies avec les ventes online). En plus c’est compliqué à gérer (trop de pays avec chacun sa langue et ses auteurs)

Scénario 4

La télécommande universelle: depuis l’accès à sa télé (à travers l’Apple TV), en passant par l’outil de création musicale, la palette de dessin, le contrôle domotique. Une télécommande évoluée car elle permet d’afficher de l’info sur l’outil contrôlé (infos sur le film en cours, chat communautaire, etc…)

A mon avis une bonne piste, mais c’est encore un peu tôt pour en faire un business rentable

Scénario 5

La console de jeu. Cible adultes et enfants. De préférence  avec une innovation dans les capteurs de position.

C’est déjà une tendance forte de l’iPhone, plus encore avec l’iPod touch, et ça a toutes les raisons de s’accentuer.

L’écosystème de l’AppStore, qui va assurer à Apple des revenus réguliers sur les logiciels, constituera un petit bonus, mais à la différence des Nintendo et autres, ce n’est pas la vente des logiciels qui représentera la source principale de rentabilité

Scénario 6 (pour mémoire)

Le terminal de communication familial, sur base ichat, permettant de faire de la voip et de la visioconférence à la maison (wifi), avec synchro des carnets d’adresse et des calendriers du foyer

Bof

Conclusion

En fait, un peu de tout à la fois.

Apple a maintenant une telle base de clients qu’il peut se permettre de sortir un terminal non spécialisé, appuyé sur l’écosystème de l’iPhone, l’Appstore, charge aux tiers de proposer des applications plus ou moins niche.

J’ai cependant du mal à croire que ce sera la seule différenciation

Mon pari est qu’il sera orienté fortement sur la vidéo (qualité d’écran, puces graphiques), aussi bien question services de contenu qu’interface utilisateur (pas mal d’ »eye candy »), avec une connectivité wifi/bluetooth seulement  (mais la possibilité d’utiliser l’iphone comme modem 3G), ainsi qu’un bond en termes de capacité mémoire (>64 Go)

Je ne serais pas surpris qu’il intègre aussi un outil Apple de prise de note manuscrites, même si je reste encore dubitatif sur la reconnaissance d’écriture automatique

Pour autant, ce ne sera pas un concurrent des netbooks, c’est-à-dire un produit positionné pour remplacer un ordinateur portable, plutôt un complément, orienté loisir, et qui à l’usage devrait être une plateforme de référence pour le jeu, bien que ce ne soit pas du tout la culture d’Apple

Etant donné l’absence d’USP, et le prix de détail (700-800$), sans subvention des opérateurs mobiles,  les ventes devraient commencer léger, (beaucoup moins que l’iPhone), et susciter pas mal de commentaires mitigés, ce qui n’empêchera pas Apple d’y faire de la marge

Voilà c’était les prévisions de l’été, la semaine prochaine votre horoscope ;-)