la suite d’apple

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J’avais cet article dans un coin de ma tête depuis un petit mois.

La soudaine annonce de la démission de Steve Jobs, qui à 56 ans abandonne la direction opérationnelle de l’entreprise qui était toute sa vie n’augure rien de bon sur sa santé. Je suis utilisateur de produits Apple depuis 26 ans, et je suis toujours fasciné par ce mélange de passion et de professionnalisme qui a toujours caractérisé cette société sous la direction de Jobs. Steve Jobs a révolutionné deux fois l’informatique, la téléphonie et la musique. Alors ce soir, comme une sorte d’hommage, je voulais finir cet article très vite, sans doute un des derniers que je ferais sur Apple

Apple vient de sortir son nouveau système d’exploitation, Lion. On peut y voir les prémisses de tendances importantes pour l’industrie de l’informatique:

– la souris va disparaître, peut-être plus vite encore que je ne l’imaginais il y a dix-huit mois, remplacée par des trackpads multi-touch (on attend toujours une traduction française) qu’on effleure de ses doigts. Une réussite

– les interfaces utilisateur mobiles (tactiles, sur tablette et smartphone) et PC vont vers une harmonisation. Il me semble que cela participe à la fois d’une synergie de coûts et d’un lock-in de l’utilisateur grand public, qui y trouvera un peu son intérêt par une simplicité accrue, quand l’utilisateur expert risque d’être un peu désorienté.

– cette harmonisation concerne aussi le système d’exploitation avec derrière la révision de la notion même de document et de celle d’application ouverte. Il n’est plus nécessaire de sauver les documents, cela se fait tout seul, et les versions successives sont conservées de façon transparente. On ne devrait plus perdre de document. On revient de loin. Les applis se chargent en mémoire ou se déchargent selon besoin, tout en conservant leur contexte (fenêtres et documents en cours). C’est espère-t-on la fin de ces paniques stupides où il faut tout ranger car quelque chose est en train d’exploser.Ces bénéfices seront disponibles largement…

… si tant est que les applis soient mises à jour par les développeurs. L’incitation est forte: courir ou mourir

– enfin à travers la généralisation du système d’app store, Apple à la fois reproduit le modèle de l’iPhone qui lui a si bien réussi pour générer des revenus supplémentaire tout en rendant le client captif, mais aussi porte un coup au piratage, en se donnant un contrôle plus fort sur ce qui est sur l’ordinateur du client. Enfin dans un premier temps, car celui-là n’est jamais vaincu.

– cela ouvre la voie à des usages en contexte de mobilité, en synchronisation forte sur les données, à travers des applis jumelles, et en s’appuyant sur le cloud, dont j’ai déjà parlé et sur leur nouveau et gigantesque data -center

– enfin pour finir des choix de design contestables avec la disparition d’éléments d’interface des applications pour mettre en valeur le contenu, sans doute dans un souci d’esthétique, mais également de simplification pour le grand public, tout en favorisant la concentration sur ce qui appartient au client, peut-être aussi en réaction à ce monde hyper-connecté et intrusif où nous vivons maintenant avec les réseaux sociaux.

Les bases pour une nouvelle et longue croissance sont bien là. Peut-être moins dans l’innovation mais dans un longue guerre de position. Apple s’attaque maintenant à Microsoft, et le gâteau est large. Espérons que Steve Jobs sera encore là longtemps pour nous en parler et nous faire rêver.

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Acheter un hotel particulier avenue Foch pour 489 € ?

Un titre racoleur pour illustrer une réalité.

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Le joli décor ci-desous n’est pas le podium d’un DJ sur le point d’officier, c’est un Cray 2, un superordinateur extrêmement puissant qui sert à faire des calculs très complexes, par exemple de la prévision météo. Enfin, servait. Il date en effet de 1985. J’avais à l’époque eu l’occasion d’en voir un. Très impressionnant, baignant dans une lumière bleue fluorescente, on se serait crû sur le plateau d’un film de science-fiction.

Un de mes amis pouvait d’ailleurs lui lancer des instructions à travers le minitel, en passant par un ordinateur Digital Vax qui servait de portier. C’est vous dire si j’étais impressionné, à une époque où les micro-ordinateurs n’existaient quasiment pas chez les particuliers

A l’époque le Cray 2 coûtait 17 Million $. (pour une puissance de 2 Giga Flops, pour ceux qui aiment les chiffres)

Au taux de change de l’époque, ça fait environ 170 Millions de F

A cette époque, le m2 dans l’ancien à Paris faisait 8600 F.

Donc pour le prix d’un Cray 2, vous pouviez vous acheter…à peu près 20 000 m2. C’est même plus qu’un hotel particulier, c’est carrément le pâté de maison.

Et bien voilà, aujourd’hui, un ipad 2 a la puissance d’un Cray 2 de 1985, et vous le trouvez dès 489 €.

Si l’immobilier avait suivi la même tendance déflationniste que l’informatique, vous pourriez vous acheter un pâté de maison autour de l’Etoile pour 489 €.

Ça fait rêver, non ?

Apple keynote

Quels sont les points importants de la dernière annonce d’Apple à ses développeurs ?

J’en note cinq:

– Steve Jobs est toujours vivant, et même s’il semble affaibli, souhaitons-lui de le rester longtemps.
– La souris elle va bientôt mourir. En tout cas, elle a disparu sur les portables qui représentent les 3/4 des ventes, au profit de trackpads et de gestes plus fluides que l’on retrouvera bientôt sur les macs de bureau
– Malgré un effort louable pour faire évoluer le système d’exploitation de leurs ordinateurs à travers des nombreuses astuces bien pensées, (j’apprécie particulièrement la gestion des versions de documents, les rendus plein écran, l’accès simplifié aux espaces de travail et la sauvegarde des contextes des applications quand on les quitte) le basculement vers le monde des appareils nomades est maintenant irréversible. Le signe le plus frappant est qu’il est maintenant possible de s’équiper en iPhone ou iPad sans avoir de PC. Cela concerne plus des deux tiers de la population chinoise et un quart de la population française. Vous pouvez maintenant connecter votre vieille mère technophobe à internet.
– On entre vraiment dans l’ère du cloud. Toutes vos données personnelles, carnet d’adresse, rendez-vous, mails, mais aussi documents, livres, photos sont maintenant synchronisées en temps réel, automatiquement entre vos ordinateurs et vos terminaux, même votre télé, à travers l’apple tv. Et celà gratuitement, tant qu’on reste sur des volumes limités. C’est la suite logique de MobileMe, un service bien pratique au quotidien. Plus que dans la sauvegarde ou l’accès ubiquitaire, la valeur est dans la synchronisation transparente pour l’utilisateur. Et comme Jobs le souligne, cela suppose la maitrise de l’OS des devices et de l’écosystème de développement. Seul androïd peut rivaliser. Mais la barre est haute.
– La musique reste le produit d’appel par excellence, et Apple cherche à capitaliser sur son avantage de premier retailer au monde pour continuer à vendre son ecosysteme matériel. La guerre des quatre, Apple, Amazon, Google et Facebook (avec spotify) va faire rage. Apple joue la carte de la qualité en offrant un service qui permet d’upgrader toute sa bibliothèque musicale à 256kbps AAC, un format pratiquement indistinguable de la qualité CD, sous réserve de la mettre dans le nuage, çe qui permet de la rendre disponible sur tous ses devices. Pour 25$ :-). Par an :-(. Une sorte d’entreprise de blanchiment gigantesque des énormes quantités de musique piratée qui résident sur les disques durs du grand public. L’offre est habile, mais suffira-t-elle à convaincre un public qui se détourne de plus en plus vers de la musique streamée à volonté ? En l’état, j’en doute, surtout après le flop du service viral Ping (dont on sait qu’il est dû au désistement à la dernière minute de Facebook). Mais à terme, sûrement, une fois qu’elle sera complétée par une offre de découverte de musique gratuite, qui doit déjà être dans les cartons.

En définitive, Apple a encore prouvé qu’elle était à la pointe de l’innovation technologique et que dans une industrie où les éléphants sentent l’appel du cimetière, elle avait les gènes pour survivre, dusse-t-elle muter sans regarder en arrière.

P.S: l’intégration à Twitter est frappante. Quand on la relie au clash qui a eu lieu avec Facebook, on peut se demander si, de même qu’Apple a choisi d’enterrer Flash, avec une première partie plutôt gagnée, Apple ne parie pas sur l’essoufflement de Facebook. Un pari qui pourrait être gagnant, car si Facebook n’est pas encore mort, des signaux faibles inquiétants apparaissent (à suivre dans un billet ultérieur…)

Apple réinvente le pins !

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Au début des années 80s, les goûts musicaux commençaient à se différencier aidés par la démocratisation des chaines HIfi et l’essor des copies pirates sur cassette. Pour s’affirmer, les plus rebelles mettaient des pins à leur revers de blouson, histoire de bien montrer qu’ils étaient différents de ceux qui écoutaient de la variété.

Ca dura quelques années, jusqu’à ce que finalement, ça ne soit qu’une mode de plus, un conformisme de l’anti-conformisme un peu ringard.

Et voilà que ça revient !

Ce soir Apple présentait son évènement semestriel (« keynote »), où il profite de l’attente créée autour de ses produits pour lancer un buzz qui lui économise bien des investissements publicitaires.

Après les lancements de l’iPhone 4 et de l’iPad, on peut se sentir singulièrement overdosé de la promotion apple, et ce malgré leur réel caractère innovant.

C’est en tout cas mon cas, et j’avoue que je regardais passer les rumeurs avec un certain désintérêt.

J’ai toutefois suivi la keynote, car à chaque fois c’est un cours magistral de marketing, de communication, et de mise en scène.

Et bien, croulant sous les ipods (je ne sais plus vraiment combien j’en ai), j’avoue avoir été accroché par le nouveau nano.

Ce denier a un format carré, avec un clip qui permet de le porter sur ses vêtements, à peu près n’importe où. Il peut servir de montre de radio, de cadres-photo, même de mémo vocal, et bien sûr lecteur de musique, particulièrement pratique pour faire son jogging; bref, un vrai produit de mode, qui se montre et qui fait VIP (marketing viral): on va se l’arracher. (sauf peut-être dans les banlieues où on pourrait se le faire arracher…)

Apple a une fois de plus su se renouveler, après avoir quand même déjà vendu 275 millions d’ipod. On peut être rassuré, la musique reste un potentiel de développement fort pour Apple.

Question mise en scène, les malveillants parlent de champs de distorsion de la réalité, Steve Jobs arrive à faire passer la pilule que l’iPad ne sera pas multitâche avant novembre (à mon avis son principal et gros défaut, et je m’en sers tous les jours), en ajoutant dans la corbeille la possibilité d’imprimer en sans fil. Alors que l’iPhone l’est depuis Juin.

La deuxième grosse nouveauté, c’est le réseau social de musique, un peu comme last.fm ou spotify. Il s’appelle Ping et est bien sûr intégré à iTunes, qui passe en version 10 pour l’occasion (avec un logo affreux d’ailleurs. Depuis deux ans, l’esthétique de l’interface Mac Os X, c’est vraiment pas ça; à croire que les bons sont partis sur l’iPhone )

Il était temps de réagir. Les ventes d’iTunes semblent marquer le pas, en redescendant autour de 10 Millions de morceaux par jour. Car si ça ne représente que 5-6% de son CA, cela a un effet d’entrainement sur les ventes de hardware.

On peut s’écharper longtemps sur la raison de la baisse des ventes, mais il semblerait bien qu’on assiste à une modification des usages, avec un glissement vers le streaming (écoute en flux), c’est-à-dire une remise en cause du modèle de bibliothèque, qui a fait la fortune de l’iPod, et donc d’Apple.

Apple a justement racheté le service de streaming lala.com et l’a fermé le 31 mai dernier, et tout le monde attend la nouvelle offre d’apple. On sait qu’ils ont aussi mis en place une méga-ferme de serveurs pour hégerger des contenus « dans le nuage » mais semble-t-il Apple a préféré créer une communauté forte autour d’iTunes (ils avaient déjà essayé avec les playlists, mais ça n’a pas trop marché), avant de changer leur modèle de base

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Lancer un réseau social lié à du hardware, c’est risqué, car par nature, on n’y trouvera pas tout le monde…

Là où Apple est malin, c’est que ça va permettre au client de suivre les artistes, avec lesquels Apple a quand même des relations privilégiées vu son statut de premier vendeur de musique au monde, et de lui permettre de créer un lien privilégié avec eux, ce qui est exactement ce que souhaite le public aujourd’hui.

J’ai hâte d’essayer cette version, car il faut bien dire qu’à partir d’une certaine taille de discothèque, l’enjeu n°1 c’est bien de découvrir facilement de nouveaux morceaux, et on a qu’une envie, c’est de les partager avec ses proches.

Enfin, troisième nouveauté, bien attendue dans les rumeurs, une refonte de l’apple tv.

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Un peu de recul me paraît intéressant:

L’action d’Apple a été multipliée par environ 80 depuis l’arrivée de Steve Jobs en 1997.

Elle a atteint en juin dernier son plus haut historique

La capitalisation d’Apple est la 2 eme des Etats-Unis, après avoir maintenant dépassé celle de Microsoft.

Steve Jobs n’a jamais dirigé Apple en fonction du cours de bourse, mais celui-ci traduit bien les enjeux.

Après avoir inventé le marché de l’ordinateur familial, révolutionné ceux de la musique et de la téléphonie, Steve Jobs se cherche un nouveau challenge.

L’iPad vise à proposer de nouveaux usages de consommation de divertissement, autour du jeu, du surf internet, de la lecture, et de la vidéo. Parmi ces 4 sujets, le jeu et la vidéo sont les plus gros enjeux.

Pour le jeu, c’est d’une certaine façon déjà en cours, puisque Apple vend maintenant plus de iOS devices que Sony et Nintendo réunis. Et d’ailleurs, l’histoire n’est pas finie pour autant puisque Apple lance ce mois sa communauté sociale autour des scores de jeu, Game Center.

Or pour la vidéo, si on veut pouvoir avoir une expérience fluide, le streaming s’impose. Les tailles de fichier sont trop importantes pour pouvoir attendre le téléchargement sans s’impatienter, en tout cas en HD, c’est-à-dire le format du futur proche, celui qui donne envie d’acheter / louer du contenu.

Et puis, il y a la télé, source de contenu vidéo « frais » bien adapté à une consommation immédiate et rapide, et où les exigences de qualité y sont moins importantes, et plus compatibles avec les difficultés ponctuelles de débit que posent encore le wifi.

Tout ça fait que malgré des débuts peu encourageants, Steve Jobs persiste à vouloir créer de nouveaux usages de consommation de la vidéo à la maison.

La nouvelle version de l’apple TV est effectivement tentante, à 99$, basée principalement sur du streaming, et sur une logique de location avec un accès privilégié à du contenu TV. Et bien sûr en complète compatibilité avec l’iPad qui pourra streamer du contenu vidéo et des photos sur le grand écran plat LCD tout neuf du foyer. Bref, ça réinvente aussi la télécommande. Il n’y a « plus qu’à » approfondir le catalogue de contenu dans les principaux pays, ce qui est lancé, (les films sont maintenant disponibles sur l’Itunes Store france) et les conditions de succès semblent maintenant réunies.

Au total une keynote intéressante, recentrée sur un usage ludique de l’informatique, et dont un des plaisirs est de voir que malgré sa maigreur Steve semble avoir retrouvé toute sa forme.

Developpers, developper, developers….

Qui n’a jamais vu Steve Ballmer hurlant la chemise bavante qu’il avait besoins de developpers, developper, developers… ne peut pas comprendre à quel point ces petits êtres fragiles, moqués dans les soirées mondaines, sont l’oxygène dont a besoin pour vivre un vendeur de système d’exploitation. Si, vraiment.

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C’est tout le pari récent de Steve Jobs sur l’iPhone.

L’iPhone a été lancé comme un 3-en-1: Ipod, Téléphone, Internet. Et c’est tout. Pas d’applications. Du tout.

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On a même crû un instant que seules les web apps seraient autorisées (ces trucs pour enfant accessibles par un navigateur internet).  

Et puis non. L’Application Store a été lancée. Le kit de développement a été distribué gratuitement à des milliers puis dizaines de milliers puis centaines de milliers de développeurs, en quelques mois.

Et la richesse d’application est devenu l’argument de vente majeur. L’Iphone atteint 50 Millions d’unités vendues. Soit 3 à 4 fois les espérances affichées initialement. 180 000 applications sont disponibles, 4 milliards d’applications téléchargées, un succès sans précédent dans l’histoire de l’informatique.

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Mais avec 25% de part de marché sur les smartphones, l’iPhone se retrouve maintenant en situation de leader et doit défendre ses positions face à Androïd, de Google. La bataille étant assez inégale puisque Google a environ 1,5 Md d’utilisateurs et distribue son OS gratuitement. Et Androïd se défend bien, ayant déjà atteint 9% de PdM en février, malgré une experience utilisateur nettement moins bonne mais porté par des prix inférieurs.

Parallèlement la concurrence entre développeurs est tellement forte que les prix sont écrasés (la moitié des applications payantes est à 1$), et qu’il devient difficile pour eux de gagner leur vie. De fait, le revenu moyen généré par appli est d’environ …1500$. Ca paie pas grand chose. C’est heureusement plus pour les applis les plus sérieuses.

Apple joue donc gros.

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C’est pourquoi il a mis le paquet pour les choyer:

– la dernière mouture de l’iPhone Os (4.0) comprend 1500 nouvelles APIs (des morceaux d’appli pré-machées) contre seulement une centaine de nouvelles fonctionnalités pour l’utilisateur final. Avec un soin particulier pour permettre le multi-tâche, c’est-à-dire l’utilisation de plusieurs applis en même temps. Et la limite du nombre maximal d’applis étendu de 180 à 2160

– les applis parasites du style « bouton d’appel de ma soeur » ont été supprimées de l’app Store

– une régie publicitaire est lancée qui va permettre à des développeurs de gagner de l’argent sur des applis gratuites

– les applis développées sur des outils non apple sont interdites; ce qui est une autre façon de dire que seuls les développeurs de l’univers apple, ou qui s’y mettront, pourront profiter du marché iPhone et iPad

– pour les jeux, et donc attaquer le marché des gameboys et ds, un réseau social multi-jeux, disponibles pour tous afin de comparer ses performances et inciter à utiliser de nouveaux jeux

Et il faut bien voir qu’il s’agit bien d’aider les développeurs pour rendre l’ecosystème séduisant (et vendre du hardware), et non pas de tirer des revenus directs de la vente de logiciels: le CA iphone + iPod Touch en cumulé fait autour de 40Md $. A comparer au CA applications, environ 100m$, soit 400 fois moins…

Developpers, developper, developers… à vos claviers.

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iPad nano

Visiblement, je ne suis pas le seul à penser qu’il faut un format intermédiaire entre l’iPad et le nano. Selon certaines rumeurs, on le verra dans moins d’un an.

La suite de l’Ipad

Qu’est-ce que va faire Apple après ?

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C’est la question que se pose beaucoup d’observateurs de cette société somme toute à la pointe des plus grandes révolutions technologiques récentes ( micro-ordinateur, musique portable, smartphone).

Ces derniers ont en effet été déçus par le modèle présenté qui, c’est vrai, ressemble à un iPod Touch en plus grand.

De même que pour l’Iphone, le caractère de rupture du produit est sans doute sous-estimé par les observateurs de première heure (souvent technophiles et non représentatifs) : autant la vitesse et le confort d’usage que le prix sont de nature à permettre une adoption importante.

Pour autant, comme pour l’iPhone 2G, qui a souffert médiatiquement de l’absence de 3G et de GPS, cette version I de l’iPad va évoluer pour dépasser la niche dans laquelle certains croit qu’il va se limiter.

Quelles vont être ces évolutions ?

i. du point de vue hardware:

a) A priori, pas grand chose d’attendu sur l’aspect fonctionnel:

– une version plus mince, mieux designée (sans les bandes noires latérales) avec une définition d’écran plus forte est assez probable.

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– bien sûr avec le temps une augmentation de la puissance du processeur, mais contenue, pour ne pas perdre en autonomie et trop s’échauffer

La rupture la plus forte sera probablement une version plus petite, à laquelle je continue à croire, pour un usage plus mobile, disons dans deux ans.

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L’Ipad est construit sur une nouvelle architecture hardware, ce qui prend du temps a réalisé. Il a du être conçu avant mi-2008, à un moment où l’App Store n’était même pas lancée et son succès non garanti (lancée en juillet 2008 avec 500 applications, 135 000 aujourd’hui). Le succès de l’Iphone n’était pas non plus aussi éclatant, il avait été vendu à moins de 5 M d’exemplaire (42 M aujourd’hui); à ce moment le facteur de forme actuel a été jugé le plus pertinent.

En effet la version actuelle vise un usage essentiellement domestique et un peu collectif: l’accent a été mis sur le partage des photos, sur un écran qu’on peut visualiser à plusieurs sous un angle très large. Apple s’est même senti obligé de réaliser une housse accessoire, ce qu’il ne fait jamais, pour permettre un usage en présentation

Un usage plus nomade et plus personnel requiert une taille plus limitée pour pouvoir l’emmener dans une grosse poche, un peu comme un gros livre.

Les ordinateurs portables d’Apple sont déclinés en 3 facteurs de forme (13/15/17″) alors qu’apple en a vendu 2 M ce trimestre. (contre 8,7M à l’iPhone). Gene Munster de Piper Jaffray, qui se trompe assez peu, prévoit 8M d’iPad en 2011. De quoi faire une gamme

En appliquant la définition actuelle de l’écran iPhone (163 ppp) (plus 20%) et en rétrécissant les bandes latérales (20% aujourd’hui), on peut gagner environ 30% en dimension, sans perdre en résolution d’affichage.

Enfin, un tel modèle, nomade par nature, devrait plutôt avoir un modem 3G de série (sans être nécessairement lié à une souscription obligatoire). La baisse des coûts sur les modems 3G aidant, cela devrait être possible. Cela pourrait convaincre les gens qui n’utilisent absolument pas leur téléphone en data d’avoir une deuxième souscription mobile data only.

On a un marché, une faisabilité technologique: je pense qu’il y aura un produit.

b) Quoi d’autre sur le hardware ?

On devrait avoir fait le tour :

– La webcam parait improbable, on voit le flop sur les micro portables, où pourtant elle fait plus de sens.

– L’appareil photo est incongru à cette taille.

– Les capacités vocales (micro et haut-parleur) sont déjà là et on va certainement en reparler d’ailleurs, associées à une oreillette Bluetooth.

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– Le GPS, les accéleromètres, la boussole sont dejà présents aussi, le 3G disponible en option.

– La grosse rupture viendra de l’e-paper, qui permet de faire des autonomies de l’ordre du mois et des écrans fins et flexibles. Mais un écran capable d’afficher de la couleur et de la vidéo de qualité, ce n’est pas dans un avenir proche

Ce n’est donc pas du coté hardware qu’on doit s’attendre à de gros bouleversements: des améliorations incrémentales de performances, oui, des baisses de prix peut être (mais on est parti très bas), une gamme plus petite, j’y crois, mais pas grand chose d’autre à l’horizon.

Ceci dit, ce n’est pas parce que c’est incrémental et peu remarqué par le grand public que ce n’est pas différenciant. Apple a construit son positionnement par une parfaite maitrise de l’innovation hardware qui lui a permis de faire des machines plus performantes que ses concurrents. Avec l’Ipad comme avec l’iPhone, ils ont 2 à 3 ans d’avance.

ii. du point de vue software

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a) Le jeu des possibles est beaucoup plus ouvert, et les opportunités de progrès plus nettes:

– le plus attendu est le multi-tâche qui devrait arriver avant la fin d’année. Il permettra de multiplier les usages en diminuant les temps de lancement des applications et en ouvrant la voie au traitement des notifications en tache de fond (par exemple pour télécharger sa liste d’articles personnalisée)

– la gestion des fichiers est la priorité suivante sur la liste: il va falloir apprendre à gérer toutes ces données qu’on peut emporter avec soi. La solution n’est pas évidente et il n’est pas sûr qu’Apple la trouve rapidement. Il faut construire un mix entre les classements hiérarchiques traditionnels et la recherche sur le contenu, en attendant que les classements par mots-clé (tags) trouvent leur implémentation; il faudra probablement au moins deux itérations et la solution actuellement retenue (classement dans l’appli) ne satisfera pas longtemps les utilisateurs professionels

– la gestion des fichiers est lié à la question de la synchronisation avec les données sur l’ordinateur de bureau, et le cloud. Là se trouve peut-être la raison de l’achat massif de fermes de serveurs qu’à fait Apple l’an dernier. Il y a beaucoup à faire, même si Mobile Me marche plutôt bien, pour en faire un outil fluide et largement utilisé. Un tel scénario n’est pas sans déplaire aux opérateurs telcos car il rendraient nécessaires une connectivité data permanente. Un système bien pensé donnant accès à son ordinateur de bureau permettrait de contrer le dilemme de tout nomade: « ai-je bien avec moi tout ce dont j’ai besoin ? »

b) Au-delà de ces évolutions nécessaires sur le système d’exploitation, on peut espérer de nouvelles applications

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– un vidéo-store digne de ce nom: l’iTunes store est encore un peu vide; c’est une source de revenus qui finira par atteindre le milliard de $

– un torrent d’applications: création musicale, dessin, prise de notes, outils de saisie professionnels divers, presse interactive, BDs, … et bien sûr jeux (20% des applis de l’iPhone); un torrent d’autant plus rentable qu’il n’est pas peer-to-peer celui-là, et que les applications pourront être vendues plus chères grâce à la taille de l’écran. Des applications qui s’appuient sur un catalogue existant de 140 000 applis iPhone, disponibles à prix coutant, sans frais de distribution physique, de packaging, de gestion de stock, ni même de marketing. Il suffit d’améliorer 1% d’entre elles et de les adapter à l’ipad pour avoir une barrière à l’entrée énorme pour n’importe quelle tablette concurrente

– une télécommande du foyer: Apple cherche toujours à imposer son modèle de distribution de contenus et a besoin d’avoir accès à la télé (le plus grand et confortable écran du foyer). Le maillon faible est aujourd’hui la télécommande qui ne permet pas d’accéder à la richesse du contenu. Or les années passant on se rend compte qu’il faut 3 éléments distincts: la source de contenu, l’écran du salon et la commande dans les mains, incluant un interface visuelle, pour commander depuis le canapé; toutes les autres solutions sont vouées à rester des buzz marketing. Le principal frein (le prix de la télécommande) saute quand le hardware est déjà financé pour d’autres usages. Reste à gérer la cohérence de l’expérience utilisateur et l’accès aux sources, des domaines où Apple est reconnue. L’appli existe d’ailleurs déjà dans sa version iPhone (Remote) et était une des premières téléchargées à l’ouverture de l’App Store.On devrait voir ressortir des plans pour un media center apple, là ou l’AppleTV a échoué, maintenant que toutes les pièces du puzzle sont là (iPad, MacMini, TV connectée, présentées au CES de 2009)

– et dans le domaine de la télécommunication ? On a beaucoup parlé de visiophonie et il semblerait même que l’OS de l’iPad en contienne des traces. Apple a fait pas mal d’effort de ce côté à avec iChat sur sa ligne d’ordinateurs. Il semblerait que les usages ne soient pas au rendez-vous. Peut-être reessaieront-ils sur un futur iPad, j’y crois peu, le facteur de forme s’y prête mal, ou alors pour créer du buzz; mais l’usage ne prendra pas. Reste la voix unifiée (liée à l’instant messaging). Il me parait clair qu’il y aura des applications et un petit noyau de fervents utilisateurs. La techno est maintenant stabilisée.

iii. de nouveaux business models

Il reste un terrain vierge à explorer, celui des business models201002020100.jpg

Le modèle de l’iPhone est simpliste: l’appli est vendue quelques euros et Apple prend 30% en contrepartie de ses efforts de mise en avant, de distribution, de validation et de la prise en charge de la facturation.

Ce modèle est satisfaisant pour des développeurs indépendants, mais pas pour des sociétés qui veulent lancer des projets plus complexes. Ni pour des éditeurs de contenu.

Sur l’iPad on va vendre plus cher, mais ce n’est pas seulement ça.

On pourrait voir fleurir des innovations de tout ordre, mais comme Apple aime bien contrôler l’expérience uilisateur et aime la simplicité, on devrait se limiter à quelques modèles additionnels de base, poussé par des tierces parties:

– le logiciel est offert et permet d’accéder à du hardware (en bluetooth ou wifi) qui est payant

– on peut acheter un contenu qui est facturé par Apple à l’acte (c’est le cas du Book Store) ou par ailleurs sous réserve d’abonnement

– de la publicité (il y a de l’espace); d’aileurs Apple vient de racheter une régie

– la subvention de l’iPad contre l’abonnement au contenu

– des ventes croisées iPhone/iPad avec plan de communication; l’un servant de modem à l’autre.

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Cela fait déjà beaucoup à imaginer et on peut penser que ce produit va continuer à occuper l’attention

des investisseurs,

des développeurs,

des journalistes

et des consommateurs

tout au long de 2010 et 2011, en attendant le prochain produit magique….