Acheter un hotel particulier avenue Foch pour 489 € ?

Un titre racoleur pour illustrer une réalité.

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Le joli décor ci-desous n’est pas le podium d’un DJ sur le point d’officier, c’est un Cray 2, un superordinateur extrêmement puissant qui sert à faire des calculs très complexes, par exemple de la prévision météo. Enfin, servait. Il date en effet de 1985. J’avais à l’époque eu l’occasion d’en voir un. Très impressionnant, baignant dans une lumière bleue fluorescente, on se serait crû sur le plateau d’un film de science-fiction.

Un de mes amis pouvait d’ailleurs lui lancer des instructions à travers le minitel, en passant par un ordinateur Digital Vax qui servait de portier. C’est vous dire si j’étais impressionné, à une époque où les micro-ordinateurs n’existaient quasiment pas chez les particuliers

A l’époque le Cray 2 coûtait 17 Million $. (pour une puissance de 2 Giga Flops, pour ceux qui aiment les chiffres)

Au taux de change de l’époque, ça fait environ 170 Millions de F

A cette époque, le m2 dans l’ancien à Paris faisait 8600 F.

Donc pour le prix d’un Cray 2, vous pouviez vous acheter…à peu près 20 000 m2. C’est même plus qu’un hotel particulier, c’est carrément le pâté de maison.

Et bien voilà, aujourd’hui, un ipad 2 a la puissance d’un Cray 2 de 1985, et vous le trouvez dès 489 €.

Si l’immobilier avait suivi la même tendance déflationniste que l’informatique, vous pourriez vous acheter un pâté de maison autour de l’Etoile pour 489 €.

Ça fait rêver, non ?

iPad nano

Visiblement, je ne suis pas le seul à penser qu’il faut un format intermédiaire entre l’iPad et le nano. Selon certaines rumeurs, on le verra dans moins d’un an.

La suite de l’Ipad

Qu’est-ce que va faire Apple après ?

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C’est la question que se pose beaucoup d’observateurs de cette société somme toute à la pointe des plus grandes révolutions technologiques récentes ( micro-ordinateur, musique portable, smartphone).

Ces derniers ont en effet été déçus par le modèle présenté qui, c’est vrai, ressemble à un iPod Touch en plus grand.

De même que pour l’Iphone, le caractère de rupture du produit est sans doute sous-estimé par les observateurs de première heure (souvent technophiles et non représentatifs) : autant la vitesse et le confort d’usage que le prix sont de nature à permettre une adoption importante.

Pour autant, comme pour l’iPhone 2G, qui a souffert médiatiquement de l’absence de 3G et de GPS, cette version I de l’iPad va évoluer pour dépasser la niche dans laquelle certains croit qu’il va se limiter.

Quelles vont être ces évolutions ?

i. du point de vue hardware:

a) A priori, pas grand chose d’attendu sur l’aspect fonctionnel:

– une version plus mince, mieux designée (sans les bandes noires latérales) avec une définition d’écran plus forte est assez probable.

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– bien sûr avec le temps une augmentation de la puissance du processeur, mais contenue, pour ne pas perdre en autonomie et trop s’échauffer

La rupture la plus forte sera probablement une version plus petite, à laquelle je continue à croire, pour un usage plus mobile, disons dans deux ans.

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L’Ipad est construit sur une nouvelle architecture hardware, ce qui prend du temps a réalisé. Il a du être conçu avant mi-2008, à un moment où l’App Store n’était même pas lancée et son succès non garanti (lancée en juillet 2008 avec 500 applications, 135 000 aujourd’hui). Le succès de l’Iphone n’était pas non plus aussi éclatant, il avait été vendu à moins de 5 M d’exemplaire (42 M aujourd’hui); à ce moment le facteur de forme actuel a été jugé le plus pertinent.

En effet la version actuelle vise un usage essentiellement domestique et un peu collectif: l’accent a été mis sur le partage des photos, sur un écran qu’on peut visualiser à plusieurs sous un angle très large. Apple s’est même senti obligé de réaliser une housse accessoire, ce qu’il ne fait jamais, pour permettre un usage en présentation

Un usage plus nomade et plus personnel requiert une taille plus limitée pour pouvoir l’emmener dans une grosse poche, un peu comme un gros livre.

Les ordinateurs portables d’Apple sont déclinés en 3 facteurs de forme (13/15/17″) alors qu’apple en a vendu 2 M ce trimestre. (contre 8,7M à l’iPhone). Gene Munster de Piper Jaffray, qui se trompe assez peu, prévoit 8M d’iPad en 2011. De quoi faire une gamme

En appliquant la définition actuelle de l’écran iPhone (163 ppp) (plus 20%) et en rétrécissant les bandes latérales (20% aujourd’hui), on peut gagner environ 30% en dimension, sans perdre en résolution d’affichage.

Enfin, un tel modèle, nomade par nature, devrait plutôt avoir un modem 3G de série (sans être nécessairement lié à une souscription obligatoire). La baisse des coûts sur les modems 3G aidant, cela devrait être possible. Cela pourrait convaincre les gens qui n’utilisent absolument pas leur téléphone en data d’avoir une deuxième souscription mobile data only.

On a un marché, une faisabilité technologique: je pense qu’il y aura un produit.

b) Quoi d’autre sur le hardware ?

On devrait avoir fait le tour :

– La webcam parait improbable, on voit le flop sur les micro portables, où pourtant elle fait plus de sens.

– L’appareil photo est incongru à cette taille.

– Les capacités vocales (micro et haut-parleur) sont déjà là et on va certainement en reparler d’ailleurs, associées à une oreillette Bluetooth.

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– Le GPS, les accéleromètres, la boussole sont dejà présents aussi, le 3G disponible en option.

– La grosse rupture viendra de l’e-paper, qui permet de faire des autonomies de l’ordre du mois et des écrans fins et flexibles. Mais un écran capable d’afficher de la couleur et de la vidéo de qualité, ce n’est pas dans un avenir proche

Ce n’est donc pas du coté hardware qu’on doit s’attendre à de gros bouleversements: des améliorations incrémentales de performances, oui, des baisses de prix peut être (mais on est parti très bas), une gamme plus petite, j’y crois, mais pas grand chose d’autre à l’horizon.

Ceci dit, ce n’est pas parce que c’est incrémental et peu remarqué par le grand public que ce n’est pas différenciant. Apple a construit son positionnement par une parfaite maitrise de l’innovation hardware qui lui a permis de faire des machines plus performantes que ses concurrents. Avec l’Ipad comme avec l’iPhone, ils ont 2 à 3 ans d’avance.

ii. du point de vue software

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a) Le jeu des possibles est beaucoup plus ouvert, et les opportunités de progrès plus nettes:

– le plus attendu est le multi-tâche qui devrait arriver avant la fin d’année. Il permettra de multiplier les usages en diminuant les temps de lancement des applications et en ouvrant la voie au traitement des notifications en tache de fond (par exemple pour télécharger sa liste d’articles personnalisée)

– la gestion des fichiers est la priorité suivante sur la liste: il va falloir apprendre à gérer toutes ces données qu’on peut emporter avec soi. La solution n’est pas évidente et il n’est pas sûr qu’Apple la trouve rapidement. Il faut construire un mix entre les classements hiérarchiques traditionnels et la recherche sur le contenu, en attendant que les classements par mots-clé (tags) trouvent leur implémentation; il faudra probablement au moins deux itérations et la solution actuellement retenue (classement dans l’appli) ne satisfera pas longtemps les utilisateurs professionels

– la gestion des fichiers est lié à la question de la synchronisation avec les données sur l’ordinateur de bureau, et le cloud. Là se trouve peut-être la raison de l’achat massif de fermes de serveurs qu’à fait Apple l’an dernier. Il y a beaucoup à faire, même si Mobile Me marche plutôt bien, pour en faire un outil fluide et largement utilisé. Un tel scénario n’est pas sans déplaire aux opérateurs telcos car il rendraient nécessaires une connectivité data permanente. Un système bien pensé donnant accès à son ordinateur de bureau permettrait de contrer le dilemme de tout nomade: « ai-je bien avec moi tout ce dont j’ai besoin ? »

b) Au-delà de ces évolutions nécessaires sur le système d’exploitation, on peut espérer de nouvelles applications

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– un vidéo-store digne de ce nom: l’iTunes store est encore un peu vide; c’est une source de revenus qui finira par atteindre le milliard de $

– un torrent d’applications: création musicale, dessin, prise de notes, outils de saisie professionnels divers, presse interactive, BDs, … et bien sûr jeux (20% des applis de l’iPhone); un torrent d’autant plus rentable qu’il n’est pas peer-to-peer celui-là, et que les applications pourront être vendues plus chères grâce à la taille de l’écran. Des applications qui s’appuient sur un catalogue existant de 140 000 applis iPhone, disponibles à prix coutant, sans frais de distribution physique, de packaging, de gestion de stock, ni même de marketing. Il suffit d’améliorer 1% d’entre elles et de les adapter à l’ipad pour avoir une barrière à l’entrée énorme pour n’importe quelle tablette concurrente

– une télécommande du foyer: Apple cherche toujours à imposer son modèle de distribution de contenus et a besoin d’avoir accès à la télé (le plus grand et confortable écran du foyer). Le maillon faible est aujourd’hui la télécommande qui ne permet pas d’accéder à la richesse du contenu. Or les années passant on se rend compte qu’il faut 3 éléments distincts: la source de contenu, l’écran du salon et la commande dans les mains, incluant un interface visuelle, pour commander depuis le canapé; toutes les autres solutions sont vouées à rester des buzz marketing. Le principal frein (le prix de la télécommande) saute quand le hardware est déjà financé pour d’autres usages. Reste à gérer la cohérence de l’expérience utilisateur et l’accès aux sources, des domaines où Apple est reconnue. L’appli existe d’ailleurs déjà dans sa version iPhone (Remote) et était une des premières téléchargées à l’ouverture de l’App Store.On devrait voir ressortir des plans pour un media center apple, là ou l’AppleTV a échoué, maintenant que toutes les pièces du puzzle sont là (iPad, MacMini, TV connectée, présentées au CES de 2009)

– et dans le domaine de la télécommunication ? On a beaucoup parlé de visiophonie et il semblerait même que l’OS de l’iPad en contienne des traces. Apple a fait pas mal d’effort de ce côté à avec iChat sur sa ligne d’ordinateurs. Il semblerait que les usages ne soient pas au rendez-vous. Peut-être reessaieront-ils sur un futur iPad, j’y crois peu, le facteur de forme s’y prête mal, ou alors pour créer du buzz; mais l’usage ne prendra pas. Reste la voix unifiée (liée à l’instant messaging). Il me parait clair qu’il y aura des applications et un petit noyau de fervents utilisateurs. La techno est maintenant stabilisée.

iii. de nouveaux business models

Il reste un terrain vierge à explorer, celui des business models201002020100.jpg

Le modèle de l’iPhone est simpliste: l’appli est vendue quelques euros et Apple prend 30% en contrepartie de ses efforts de mise en avant, de distribution, de validation et de la prise en charge de la facturation.

Ce modèle est satisfaisant pour des développeurs indépendants, mais pas pour des sociétés qui veulent lancer des projets plus complexes. Ni pour des éditeurs de contenu.

Sur l’iPad on va vendre plus cher, mais ce n’est pas seulement ça.

On pourrait voir fleurir des innovations de tout ordre, mais comme Apple aime bien contrôler l’expérience uilisateur et aime la simplicité, on devrait se limiter à quelques modèles additionnels de base, poussé par des tierces parties:

– le logiciel est offert et permet d’accéder à du hardware (en bluetooth ou wifi) qui est payant

– on peut acheter un contenu qui est facturé par Apple à l’acte (c’est le cas du Book Store) ou par ailleurs sous réserve d’abonnement

– de la publicité (il y a de l’espace); d’aileurs Apple vient de racheter une régie

– la subvention de l’iPad contre l’abonnement au contenu

– des ventes croisées iPhone/iPad avec plan de communication; l’un servant de modem à l’autre.

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Cela fait déjà beaucoup à imaginer et on peut penser que ce produit va continuer à occuper l’attention

des investisseurs,

des développeurs,

des journalistes

et des consommateurs

tout au long de 2010 et 2011, en attendant le prochain produit magique….

Le nouvel iPad d’Apple (en vrai)

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Suite de mon article d’il y a 6 mois : fin de la rumeur et bilan des courses.

J’étais pas trop loin:

– 64 Go, 700$ comme attendu en version Wifi. Le 3G pas obligatoire

– sortie pas encore annoncée donc pas loin de la mi-année

– positionnement un peu attappe-tout, mais plutôt loisir, y compris le jeu, avec un accent sur les capacités vidéo

– un côté familial avec le partage des photos, les jeux et YouTube pour les enfants

– option e-book quand même

– un produit qui n’est pas un ordinateur, avec peu de logiciels de base (d’ailleurs c’est l’OS de l’iphone)

– j’avais trouvé le nom 😉

Du côté des surprises:

– elle est plus grande que prévue (9,7″) soit 24x19cm

– elle est …moche, peut-etre pas, mais lourde, avec son epaisseur de 1,34 cm et ses bords noirs énormes

– elle a une autonomie impressionnante (10H)

– elle a un prix d’entrée de gamme massacré à 499$ dans la version 16 Go

En réalité je suis un peu déçu, j’aurais aimé quelque chose de plus joli et plus petit, mais à la réflexion, c’est probablement le meilleur compromis pour faire un marché de masse. Plus petit aurait impliqué un usage plus nomade, et donc du 3G, et donc des coûts de connectivité trop importants

Le fait qu’il y ait 6 options RAM/ 3G est d’ailleurs très révélateur de l’incertitude d’Apple, ou de la segmentation des besoins , encore immatures.

Enfin, à 499$, on a un prix d’appel impressionnant.

Du coup, ça devrait faire de belles ventes quand même…

Le nouvel iPad d’Apple

Une fois n’est pas coutume, on va faire un peu de futurologie.
Apple va sortir mi-2010 une tablette tactile d’environ 8″ d’écran.

Scenario 1:

La cible visée sera assez réduite: des gens qui ont déjà un smartphone et un ordinateur portable et recherchent un outil confortable pour les fois où ils ne veulent pas emmener leur portable

Bien sur ça embarquera les outils de productivité classiques (mail, navigateur, calendrier, carnet d’adresse,..), bref MobileMe, mais aussi de distraction (musique, films).

Problème: s’il faut payer un deuxième abonnement data mobile (en plus de l’iphone) ça risque de faire cher pour beaucoup, même sur cette cible CSP+

Scenario 2:

Apple cherche à refaire le coup de l’iPod mais avec la vidéo. Il crée un catalogue de films digne de ce nom . L’Ipad reste prioritairement destiné à faire du Wifi, par lequel il se recharge en contenu, en passant par la box adsl.

Pour que le nomadisme ait un sens, le terminal peut etre raccordé à la plupart des télés modernes, en filaire (HDMI).

Problème: l’USP (Unique Selling Proposition) est faible, car on ne regarde pas si souvent que ça des films hors de chez soi, et dans les transports en commun, ce n’est ni confortable, ni très prudent

Scénario 3

On copie la stratégie du Kindle.

Vraisemblance faible: c’est une trop petite niche pour Apple, 5 à 10 x moins que l’iPhone et Amazon a une avance de deux ans au moins (sans compter les synergies avec les ventes online). En plus c’est compliqué à gérer (trop de pays avec chacun sa langue et ses auteurs)

Scénario 4

La télécommande universelle: depuis l’accès à sa télé (à travers l’Apple TV), en passant par l’outil de création musicale, la palette de dessin, le contrôle domotique. Une télécommande évoluée car elle permet d’afficher de l’info sur l’outil contrôlé (infos sur le film en cours, chat communautaire, etc…)

A mon avis une bonne piste, mais c’est encore un peu tôt pour en faire un business rentable

Scénario 5

La console de jeu. Cible adultes et enfants. De préférence avec une innovation dans les capteurs de position.

C’est déjà une tendance forte de l’iPhone, plus encore avec l’iPod touch, et ça a toutes les raisons de s’accentuer.

L’écosystème de l’AppStore, qui va assurer à Apple des revenus réguliers sur les logiciels, constituera un petit bonus, mais à la différence des Nintendo et autres, ce n’est pas la vente des logiciels qui représentera la source principale de rentabilité

Scénario 6 (pour mémoire)

Le terminal de communication familial, sur base ichat, permettant de faire de la voip et de la visioconférence à la maison (wifi), avec synchro des carnets d’adresse et des calendriers du foyer

Bof

Conclusion

En fait, un peu de tout à la fois.

Apple a maintenant une telle base de clients qu’il peut se permettre de sortir un terminal non spécialisé, appuyé sur l’écosystème de l’iPhone, l’Appstore, charge aux tiers de proposer des applications plus ou moins niche.

J’ai cependant du mal à croire que ce sera la seule différenciation

Mon pari est qu’il sera orienté fortement sur la vidéo (qualité d’écran, puces graphiques), aussi bien question services de contenu qu’interface utilisateur (pas mal d' »eye candy »), avec une connectivité wifi/bluetooth seulement (mais la possibilité d’utiliser l’iphone comme modem 3G), ainsi qu’un bond en termes de capacité mémoire (>64 Go)

Je ne serais pas surpris qu’il intègre aussi un outil Apple de prise de note manuscrites, même si je reste encore dubitatif sur la reconnaissance d’écriture automatique

Pour autant, ce ne sera pas un concurrent des netbooks, c’est-à-dire un produit positionné pour remplacer un ordinateur portable, plutôt un complément, orienté loisir, et qui à l’usage devrait être une plateforme de référence pour le jeu, bien que ce ne soit pas du tout la culture d’Apple

Etant donné l’absence d’USP, et le prix de détail (700-800$), sans subvention des opérateurs mobiles, les ventes devraient commencer léger, (beaucoup moins que l’iPhone), et susciter pas mal de commentaires mitigés, ce qui n’empêchera pas Apple d’y faire de la marge

Voilà c’était les prévisions de l’été, la semaine prochaine votre horoscope 😉