Acheter un hotel particulier avenue Foch pour 489 € ?

Un titre racoleur pour illustrer une réalité.

Cray2towers.jpg

Le joli décor ci-desous n’est pas le podium d’un DJ sur le point d’officier, c’est un Cray 2, un superordinateur extrêmement puissant qui sert à faire des calculs très complexes, par exemple de la prévision météo. Enfin, servait. Il date en effet de 1985. J’avais à l’époque eu l’occasion d’en voir un. Très impressionnant, baignant dans une lumière bleue fluorescente, on se serait crû sur le plateau d’un film de science-fiction.

Un de mes amis pouvait d’ailleurs lui lancer des instructions à travers le minitel, en passant par un ordinateur Digital Vax qui servait de portier. C’est vous dire si j’étais impressionné, à une époque où les micro-ordinateurs n’existaient quasiment pas chez les particuliers

A l’époque le Cray 2 coûtait 17 Million $. (pour une puissance de 2 Giga Flops, pour ceux qui aiment les chiffres)

Au taux de change de l’époque, ça fait environ 170 Millions de F

A cette époque, le m2 dans l’ancien à Paris faisait 8600 F.

Donc pour le prix d’un Cray 2, vous pouviez vous acheter…à peu près 20 000 m2. C’est même plus qu’un hotel particulier, c’est carrément le pâté de maison.

Et bien voilà, aujourd’hui, un ipad 2 a la puissance d’un Cray 2 de 1985, et vous le trouvez dès 489 €.

Si l’immobilier avait suivi la même tendance déflationniste que l’informatique, vous pourriez vous acheter un pâté de maison autour de l’Etoile pour 489 €.

Ça fait rêver, non ?

Mort de Maurice Allais

allais-a49b8.jpgJe n’aurais pas la prétention d’expliquer pourquoi M. Allais était un brillant économiste. J’aurais pu tenir deux minutes sur le sujet pendant mes études, aujourd’hui, c’est juste surréaliste. Surtout que pendant longtemps, j’avais vaguement l’impression qu’il disait beaucoup de bêtises, et s’approchait du gâtisme.

Mais j’ai envie de réagir à une citation dans sa nécrologie du Monde.

Il critiquait « les théories contemporaines de l’équilibre économique général qui se fondent sur l’hypothèse de convexité générale des champs de production, hypothèse contredite par toutes les données de l’expérience et qui entraîne des conséquences absurdes. »

Pour ceux dont les souvenirs scolaires sont un peu loin, il s’agit de l’hypothèse de rendement décroissants dans les entreprises, c’est à dire plus on produit, plus ça coûte cher à produire. Par exemple, quand on exploite des champs pétroliers, on va d’abord chercher l’huile qui est facile à extraire, puis après le reste, bitumes, et autres cochoncetés visqueuses.

Mais en fait, c’est le plus souvent faux. Cette hypothèse bien pratique car elle permet de donner aux étudiants des petits problèmes mathématiques faciles à résoudre en cours de travaux pratiques n’est que rarement satisfaite.

Les entreprises au contraire sont souvent dans une logique d’effet d’échelle: plus je produis, plus je suis rentable, car je peux amortir mes coûts fixes (conception, r&d, marketing, pub, salaires sièges…) sur plus d’unités vendues.

La conséquence ? Assez simple: la théorie de l’équilibre général, qui en gros dit que les marchés sont efficients car ils permettent aux prix de s’ajuster pour équilibrer offre et demande à un niveau optimum, est tout simplement sans fondement…

Et oui. Un énorme pan de la micro-économie est basé sur des hypothèses absurdes auxquelles personne ne croit vraiment… Un peu comme si on vous disait: « Bien. Cette année, cours d’anatomie. Nous allons supposer que l’être humain a quatre bras et pas de jambes, et nous allons étudier les conditions de son équilibre… »

Bon évidemment, ça fait un peu tâche qu’un disciple d’Allais, Gérard Debreu, ait obtenu le prix Nobel pour ses bêtises, mais bon, on n’est pas responsable de ses enfants !

Heureusement, il reste la macro-économie…

Faut-il rançonner les riches ?

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L’insee sort un dossier spécial sur le sujet (ici)

On y apprend des choses intéressantes

a) la richesse est une chose très peu partagée, ou dit autrement, elle est très concentrée:

  • les « hauts revenus » (ménages ayant plus 35 677 € de revenu global(*) par unité de consommation (**)) ne représentent que 10% de la population
  • les « très haut revenus » (plus de 84 469 € par U.C): 1%
  • les « très aisés » (plus de 225 767 € par UC): 0,1%
  • les « plus aisés » (plus de 687 862 € par UC): 0,01% (1 pour 10 000)

A comparer à un revenu moyen global de 21 038 € et une médiane à  à 17 644 €, (le chiffre qui coupe la population en deux parties égales).

Dit autrement, en France, un couple avec deux enfants déclare en moyenne 44181 €/an, soit 3681€ nets par mois, ou à peu près 4850 € bruts

Les « très hauts revenus » gagnent à partir de 4 fois plus, les très aisés près de 11 fois plus, et les « plus aisés » 33 fois plus.

Donc, il y a bien des gens qui gagnent beaucoup d’argent, mais il n’y en a pas beaucoup

b) plus on est riche, plus les revenus proviennent de revenus patrimoniaux (immobilier et valeurs mobilières).

On s’en doutait un peu

Ils représentent 9, 20, 29 et 35 % pour les 4 classes des hauts revenus

Les revenus exceptionnels représentent sur les 3 classes les plus aisées de 10à 13%.

Et forcément, comme sur la période d’étude l’immobilier et la bourse a monté, les inégalités de revenu se sont accrues

c) les riches ne sont pas assez riches…

Enfin, pas assez nombreux pour que ça vaille le coup de les rançonner. C’est là que ça devient interessant

La richesse nationale perçue chaque année par les ménages se répartit comme suit:  

  • les « autres » (90% de la pop ) : 73,7%
  • les « hauts revenus » (9% de la pop ) : 21,1%
  • les « très haut revenus » (0,9% de la pop ) :   5,8%
  • les « très aisés » (0,09% de la pop ) : 1,7%
  • les « plus aisés » (0,01% de la pop ) : 0,6%

Sur cette base, on voit que les 3 classes à très hauts revenus (1% de la population) reçoivent 8,1 % de la richesse nationale perçue chaque année (***).

Si on les rançonnait, on ne pourrait augmenter la richesse du reste de la population que de 8/92 soit un peu moins de 10% (en passant, bien sûr, on peut imaginer que cette richesse s’evaporerait en partie, faute de motivation à travailler)

Ce n’est donc pas là la solution miracle pour augmenter le pouvoir d’achat moyen.

Conclusion

Ca ne règle pas définitivement la question de la progressivité de la fiscalité car

  • le taux est aussi une question d’équité: entre ceux qui veulent d’un bouclier fiscal plafonné à 50% et ceux qui considérent qu’il est immoral que les inégalités s’accroissent, il y a de quoi discuter; mais la question n’est pas vraiment celle du partage du gâteau. Tous les discours actuels sur la nécessaire contribution des plus riches a plus à voir avec l’acceptabilité politique des hausses d’impôt inévitables qu’avec l’efficacité économique
  • le raisonnement porte sur les flux (les revenus) et pas le stock (le patrimoine). Il y a peu de données sur la richesse patrimoniale, mais elle est de façon quasi certaine beaucoup plus concentrée que le sont les revenus. Pour deux raisons:
  • le taux d’épargne augmente avec le revenu (c’est assez logique car une fois les besoins primaires satisfaits, on peut épargner. cf Keynes), et donc les plus aisés peuvent mettre plus de côté non seulement dans l’absolu mais aussi en proportion de leur revenu. Et cela se cumule d’année en année. Le patrimoine des 1 % plus aisés est nettement supérieur à 4 fois la moyenne
  • les successions étant faiblement taxées si correctement organisées, les inégalités se transmettent et se renforcent de génération en génération

Pour autant, ces données semblent confirmer une reflexion de bon sens: la meilleure façon d’enrichir un pays, c’est de créer de la richesse, avant de se poser la question de la répartition. Et cette dernière a plus à voir avec les sensibilités politiques de chacun qu’avec l’efficacité économique.

Notes

(*) Revenu fiscal total , comprenant le revenu d’activité (salaire ou non), le revenu de remplacement (pensions, retraites), et les revenus patrimoniaux (immobilier et valeurs mobilières); avant impôt et avant redistribution (allocations familiales, RSA,..)

(**) une Unité de Consommation est une notion introduite pour comparer les ménages entre eux:

On compte 0,5 U.C par personne de plus de 14 ans (après le premier adulte qui compte pour 1) et 0,3 pour les moins de 14 ans.

1 adulte: 1 U.C

2 adultes, 2 enfants: 2,1 U.C

(***) l’étude a quelques limites car manquent les sommes perçues à l’étranger, celles hébergées dans des sociétés (en particulier SCI) , et certaines retenus à la sources, non déclarées au fisc, et bien sûr le travail au noir, mais ça ne change pas les conclusions

Next Big Thing, la suite

Bon j’ai un papier en retard.

Qu’est-ce qui va nous arriver dans les 10 ans ?

Ce genre de sujet est difficile.

D’abord il y a de la concurrence. Plein de gens qui disent n’importe quoi, et qui se recopient les uns les autres. Difficile de trouver la bonne inspiration.

Ensuite, à la différence de la plupart des processus d’apprentissage, il n’y pas de boucle de rétroaction. Pas d’instituteur sévère pour vous taper sur les doigts en vous disant « vous vous êtes trompé »; il est donc quasi impossible d’apprendre de ses erreurs, tout simplement parce qu’on ne se rappelle pas vraiment ce qu’on pensait il y a 5 ans et surtout, quelles étaient les hypothèses associées.

Il faut donc avoir au fil du temps à la fois la vision sur ce qui plait (facile, ça prend juste un peu de temps), et sur ce qui est rentable (beaucoup plus dur, car on ne claironne pas sur les toits sa situation financière instantanée, et encore moins ses échecs); et en construire des intuitions, qui, par définition ne sont pas des argumentaires rationnels, et donc toujours délicates à communiquer

Ces précautions un peu hypocrites étant posées, que dire ?

D’abord le cadre:

– connectivité permanente et abondante (de plus en plus forfaitisée, c’est-à-dire non payée à l’usage, même si le mobile résistera plus longtemps que l’accès fixe, pénurie de ressources hertziennes oblige)

– domaine de la gratuité de plus en plus étendu,

i. parce personne ne veut payer pour du contenu, tout au plus paie-t-on pour un support pratique, mais un nouveau support digital, c’est tellement intangible que c’en est une gageure

ii. parce que la dynamique des startups innovantes fait qu’elles doivent d’abord croître pour se valoriser (et le gratuit est la meilleur dépense marketing, celle où le coût d’acquisition client est le plus faible), et qu’une fois établi, on trouve toujours un business model de financement gratuit, que ce soit par la pub ou par le rachat pour conforter des services tiers (augmentation de la stickyness / diminution du churn). Une variante de cet argumentaire étant de remarquer que les internautes les plus efficaces pour créer du buzz, et donc les moteurs de toute campagne de marketing virale sérieuse, sont les post-ados, qui n’ont pas d’argent.   

iii. parce que le gratuit est déjà très présent, ou au moins la gratuité marginale (on ne paie pas plus pour consommer plus) comme on peut en trouver des exemples ici

– arrivée dans la vie professionnelle des « digital natives », ceux qui n’ont jamais rien connu d’autre que le numérique et la connectivité permanente

– effondrement du prix du hardware, en particulier des écrans

– basculement de l’économie mondiale à l’Est, avec un milliard d’individus solvables ayant de nouveaux besoins à satisfaire

… et les prédictions :

– floraison de devices dédiés divers: GPS, e-books (orientés presse et magazines), lecteurs Vidéo On Demand, cadres photo (e-paper couleur), aides cuisine (reliés à l’achat par internet), ordinateurs de bord sur vélo, coaching sportif (gps), traqueur d’animaux familiers, suivi médical…

– parallèlement le smartphone résiste en complémentant les innombrables mobiles applications par des périphériques dédiés modulaires et devient l’interface de commande de référence dans la maison

– dissociation physique du smartphone entre la composante voix (intégrée dans des bijoux déco) et la composante donnée sur écran. Les durées de communication explosent. Pénétration très progressive cependant.

– réalité augmentée banalisée (smartphones, voitures) donnant accès de façon visuelle en surimpression à des informations sur son environnement physique immédiat.

– moteur de recherche graphique, qui, à travers le mobile , donne accès à de l’information sur ce que je vois: produits, lieux, gens (reconnaissance des visages). Plutôt payant car couteux en ressources de calcul.

– disparition de la souris. Accès des personnes âgées à l’internet.

– accès possible à toutes ses données personnelles depuis n’importe quel point (PC) de connexion. Backup permanent

– disparition des CDs DVDs CD-ROMs, … Tout est dans le Cloud et téléchargeable.

– fin de l’hégémonie des cartes bancaires; le mobile devient un outll de paiement accepté presque partout

– début de la disparition de la TV comme média de broadcast inscrit dans une grille de programme, pour devenir un terminal connecté de plus, orienté loisir, nourri par un flux de contenu déstructuré et personnalisé.

– création de licence globales dans certains pays et sur certains secteurs faute d’un business model rentable (musique, presse, une partie des contenus vidéos)

– communautarisme de réseaux: les gens se regroupent par affinité, pour le meilleur (réseaux d’affaires, sociaux, …) ou pour le pire (pirates, pédophiles,…) , à travers des outils de communication privées bien sécurisés, inaccessibles aux Etats, où ils s’échangent informations et données en impunité forte.

– parallèlement le concept de vie privé devient de moins en moins pertinent , d’abord parce que les jeunes ne s’y retrouvent pas, ensuite parce que chaque action privée devient une brique de son personal branding qui est nécessaire à toute existence sociale. De toutes façons, vidéosurveillance, tracking mobile et badgeage sont devenus omniprésents

– l’internet des objets fait son apparition, puisque ceux ayant le plus de valeur sont maintenant identifiables à distance à travers des étiquettes RFID donnant droit à des services additionnels au consommateur.

– le travail est modifié: le télétravail est banalisé pour faire face à l’augmentation des loyers de bureau et éviter l’inconfort des open space; la collaboration en ligne, wiki et autres blogs, devient indispensable en entreprise pour retenir les nouveaux embauchés et garantir la réactivité dans une économie mondialisée toujours plus concurrentielle. On peut d’ailleurs trouver ironique cette socialisation de l’espace de travail sous la pression des actionnaires.

– les concepts qui ont créé la société de consommation, produits et marques, doivent s’adapter dans un contexte de demande paradoxale qui exige des premiers non seulement de de ne plus être jetables mais d’être évolutifs tout en restant fiables, et des deuxièmes d’être transparentes et crédibles tout en rejetant leur communication traditionnelle. Les pistes de solution ne sont pas claires et la transparence sous forme de produits virtuels (miroirs des produits physiques) et de communautés d’utilisateurs auto-gérées, outre qu’elle laissera de nombreuses entreprises sur le carreau car incapables de suivre, pourrait entrer en conflit avec des circuits de distributions et des tactiques de pricing de plus en plus opaques.

A celà s’ajoute que la société de consommation étant intrinsèquement basée sur la création de nouveaux besoins dénoncés comme futiles par une partie croissante de la population occidentale (qui s’inquiète à juste titre des conséquences de la poursuite de la croissance sur l’équilibre écologique à l’horizon d’un siècle), le risque d’une déflation en Occident existe, tandis que l’Orient sera lui aussi naturellement concentré sur la fourniture des produits et services les plus basiques pour sa nouvelle classe moyenne.

– une vision optimiste serait une évolution vers une société de création, où sous l’impulsion de « role models » mettant en valeur l’expression de soi, le temps libéré par la baisse de consommation serait consacré à des activités plus créatrices et finalement plus satisfaisantes, lesquelles, dans une économie numérique ne sont pas très couteuses. Plutôt que de s’endetter pour s’acheter une voiture neuve, on fera des photos pour décorer sa maison.

Et pour finir ?

On pourrait dire que les années 70s et 80s ont été celles de la consommation, favorisant la vente de produits, les années 90s et 2000s celles de la communication, favorisant la consommation de services plus ou moins payants, et on peut se demander si les années 2010s ne seront pas « sociales »

« Sociales » au sens où l’économie social-démocrate qui gouverne l’Occident pourrait glisser de plus en plus dans le social:

– déstabilisée par une crise financière sans précedent depuis 29, qui a dynamitée la croyance dans un modèle de capitalisme individuel pouvant s’auto-réguler, et dont la survie n’a été possible qu’à travers une intervention massive de l’état   

– attaquée par l’économie numérique dans le fondement même d’un de ses pilliers, l’ordre marchand, à savoir le lien entre la propriété et l’usage. Une propriété de plus rejetée implicitement au moins en partie par la majorité de la population jeune montante, qui vit dans un monde de gratuité pour ses loisirs. Une population qui par ailleurs à de grandes difficultés à accéder par le travail à un niveau de vie égal à celui de la génération précedente.

– mise en accusation dans sa nature même à cause de ses responsabilités passées et futures dans le réchauffement de la planète, risque écoloqique global maintenant reconnu par l’opinion publique

– enfin construite de plus en plus sur une inter-relation forte entre ses membres, une autre façon de dire que la valeur boursière est de plus en plus « user-generated »

Le Next Big Thing des années 2010 pourrait être un infléchissement du seul système qui a réussi à créer de la valeur et de la prospérité de façon acceptable depuis un siècle:

– en sortant une part importante de l’économie de la sphère du monétisé

– en basant de plus en plus la richesse sur des biens publics communs

– en partageant (pour ne pas dire socialisant) le financement de nombreuses activités

– en légitimant le rejet du modèle précédent par une part grandissante de sa population

On pourra s’étonner de voire un article commencé sur la recherche de la prochaine tendance consumériste se saborder ainsi, mais ainsi vont les prédictions: elles se construisent sur des intuitions qui se cristallisent de façon autonome.

A cet égard, 2009 ayant été l’année de toutes les ruptures (financière -crise et endettement- , économique -recession-, politique – obama-, écologique -prise de conscience des gouvernements), elle fait un bon candidat pour inaugurer une rupture sociale

Ainsi vont aussi les blogs: ils permettent d’ouvrir des conversations sur des sujets encore incertains.

Next Big Thing ?

Les ruptures technologiques et économques qui ont changé la vie des gens:


1970’s

Téléphone

Télé couleur

Hi-Fi, K7, musique populaire consommée en masse

Hypermarchés

1980’s

Walkman, CDs

Radios FM

Magnétoscope

Voyages de masse


1990’s

Ordinateurs, portables

Internet (ebay, amazon, bourse), sites persos, mail

Mobile

Concurrence, distribution spécialisée (habillement, bricolage, parfumerie, sport…)

Bouquets TV

Bourse


2000’s

connecté: ADSL, wifi, IM, iPhone,

gratuit: musique, logiciels, films, news, info, stockage…piratés, donnés ou financé par la pub

communautés virtuelles (blogs, Facebook, Myspace, LinkedIn, twiiter…)

connaissance en accès direct: google, wikipedia, YouTube,

digitalisation: musique, photo, films en cours

Mythes: séries télévisées, films épopées, jeux vidéos massivement multi joueurs,


2010’s

Suite dans un prochain post …

La dure réalité de la taxe carbone

La taxe carbone est a priori une bonne idée, et peut-être même la seule possible, pour faire baisser les émissions de CO2.

Seul problème: elle révèle une dure réalité, à savoir que les plus gros emetteurs de carbone sont ceux qui habitent en maison individuelle et utilisent beaucoup leur voiture. Elle cible en particulier les gens à la campagne. Or ceux-ci ont un niveau de vie moyen (en euro) plus bas que la moyenne. De plus la taxe ne peut avoir d’effet que si elle est forte

La logique veut donc que l’on taxe davantage les personnes considérées, et si on ne le fait pas, par réalisme politique, d’une part on diminue l’efficacité de la taxe, d’autre part on crée une inégalité devant l’impot qui n’est ni très morale (puisque les ruraux rejettent bien en réalité plus de co2), ni très constitutionnelle.

Les ruraux se plaignent à juste titre de ne pas avoir le choix de leur moyen de transport. De même, les citadins n’ont pas d’autre choix qu’habiter dans des petits appartements sans jardin dans des villes polluées.

Mais surtout, voilà une taxe antisociale, où l’on perd son sang-froid, (private joke), puisque les riches paieront moins en proportion de leur revenu, que les pauvres.

Grosso modo parce que quand on est dix fois plus riche que son voisin, on ne fait pas dix fois plus de kms en voiture, on n’a pas une maison dix fois plus grande, et on ne va pas dix fois plus en vacances à l’etranger.

Au bout du compte, la taxe carbone ne fait que révéler qu’être écologique , ça demande des efforts de tous, classe moyenne et plus modeste, et pas seulement de rouspéter contre les 4×4 des beaux quartiers, et que les efforts, ça coûte

Moralité les ecologistes logiques oeuvrent pour le grand capital !

Capitalisme et fonds propres bancaires

En réponse à l’article de Peyrelevade sur le besoin d’augmenter le ratio des fonds propres des banques:

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Money

Il me semble que vous évacuez un peu vite la remarque de Daniel Duparc. (qui dans les commentaires se pose la question si c’est bien les fonds propres le problème)

D’un côté, peut-être faut-il augmenter le ratio des fonds propres des banques car les crises induites seraient trop dommageables. (l’argument de “l’exception bancaire” me semble cependant faible, car j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de faillites d’entreprises, pourtant mieux capitalisées, que de faillites bancaires; et que donc il y aurait bien une exception bancaire en ce sens qu’elles seraient plus sures, ce qui justifie un ratio de fonds propres plus faibles à risque égal)
En d’autres mots, c’est les conséquences qui doivent définir le risque, pas la probabilité de défaut

De l’autre côté, étant plongé moi aussi dans la lecture de the Black Swann, il ne me semble pas qu’une modification modeste des conditions initiales aurait empéché la catastrophe; un augmentation du ratio des capitaux propres, même en le multipliant par 2 aurait-il empêché la crise financière ?

Je ne suis pas expert, mais regardons l’enchaînement des causes:

– crise immobilière liée à un phénomène de bulle intrinsèque à ce marché
– crise des subprimes liée à la crise immobilière et au défaut d’emprunteurs non solvables
– crise bancaire liée à la diffusion des emprunts subprimes dans l’économie à travers le mécanisme des Credit Default Swaps, et donc à la propagation du défaut sur les subprimes
– crise economique et financière (actions) en conséquence

Aucune banque ne peut faire face à une demande subite de remboursement de tous ses fonds.
En l’occurence, la crise est la conséquence de l’existence de “banques” (société de crédit en fait) spécialisée sur un secteur très risqué (le prêt à des clients non solvables) et de l’existence de contrats autorisant le “remboursement” immédiat des emprunt en cas de défaut (les “CDS”)
La question des fonds propres est là secondaire.
C’est le mécanisme bancaire même (je prête ce que je n’ai pas c-à-d avec des ratios de fonds propres très nettement inférieurs à 1) qui est le problème. Pas que le ratio vaille 1/30, 1/17 ou 1/10

Ou pour être encore plus général, le capitalisme est fondé sur la possibilité de se placer aux marges de ses conditions de fonctionnement stable, et du coup il est intrinsèquement instable.

Je vois mal ce qui empêchera des esprits créatifs de travailler sur le ratio risque/rentabilité pour le minimiser, soit en passant le risque à d’autres (le CDS) soit en prenant des risques forts pour une rentabilité très forte (banque d’investissement à l’américaine)

ça n’empêche pas d’augmenter le ratio des fonds propres des banques
Tout simplement, la prochaine crise passera par un autre canal (effondrement de taux de change, retrait massif de fonds d’un pays, effondrement des prix de futures…)