Apple réinvente le pins !

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Au début des années 80s, les goûts musicaux commençaient à se différencier aidés par la démocratisation des chaines HIfi et l’essor des copies pirates sur cassette. Pour s’affirmer, les plus rebelles mettaient des pins à leur revers de blouson, histoire de bien montrer qu’ils étaient différents de ceux qui écoutaient de la variété.

Ca dura quelques années, jusqu’à ce que finalement, ça ne soit qu’une mode de plus, un conformisme de l’anti-conformisme un peu ringard.

Et voilà que ça revient !

Ce soir Apple présentait son évènement semestriel (« keynote »), où il profite de l’attente créée autour de ses produits pour lancer un buzz qui lui économise bien des investissements publicitaires.

Après les lancements de l’iPhone 4 et de l’iPad, on peut se sentir singulièrement overdosé de la promotion apple, et ce malgré leur réel caractère innovant.

C’est en tout cas mon cas, et j’avoue que je regardais passer les rumeurs avec un certain désintérêt.

J’ai toutefois suivi la keynote, car à chaque fois c’est un cours magistral de marketing, de communication, et de mise en scène.

Et bien, croulant sous les ipods (je ne sais plus vraiment combien j’en ai), j’avoue avoir été accroché par le nouveau nano.

Ce denier a un format carré, avec un clip qui permet de le porter sur ses vêtements, à peu près n’importe où. Il peut servir de montre de radio, de cadres-photo, même de mémo vocal, et bien sûr lecteur de musique, particulièrement pratique pour faire son jogging; bref, un vrai produit de mode, qui se montre et qui fait VIP (marketing viral): on va se l’arracher. (sauf peut-être dans les banlieues où on pourrait se le faire arracher…)

Apple a une fois de plus su se renouveler, après avoir quand même déjà vendu 275 millions d’ipod. On peut être rassuré, la musique reste un potentiel de développement fort pour Apple.

Question mise en scène, les malveillants parlent de champs de distorsion de la réalité, Steve Jobs arrive à faire passer la pilule que l’iPad ne sera pas multitâche avant novembre (à mon avis son principal et gros défaut, et je m’en sers tous les jours), en ajoutant dans la corbeille la possibilité d’imprimer en sans fil. Alors que l’iPhone l’est depuis Juin.

La deuxième grosse nouveauté, c’est le réseau social de musique, un peu comme last.fm ou spotify. Il s’appelle Ping et est bien sûr intégré à iTunes, qui passe en version 10 pour l’occasion (avec un logo affreux d’ailleurs. Depuis deux ans, l’esthétique de l’interface Mac Os X, c’est vraiment pas ça; à croire que les bons sont partis sur l’iPhone )

Il était temps de réagir. Les ventes d’iTunes semblent marquer le pas, en redescendant autour de 10 Millions de morceaux par jour. Car si ça ne représente que 5-6% de son CA, cela a un effet d’entrainement sur les ventes de hardware.

On peut s’écharper longtemps sur la raison de la baisse des ventes, mais il semblerait bien qu’on assiste à une modification des usages, avec un glissement vers le streaming (écoute en flux), c’est-à-dire une remise en cause du modèle de bibliothèque, qui a fait la fortune de l’iPod, et donc d’Apple.

Apple a justement racheté le service de streaming lala.com et l’a fermé le 31 mai dernier, et tout le monde attend la nouvelle offre d’apple. On sait qu’ils ont aussi mis en place une méga-ferme de serveurs pour hégerger des contenus « dans le nuage » mais semble-t-il Apple a préféré créer une communauté forte autour d’iTunes (ils avaient déjà essayé avec les playlists, mais ça n’a pas trop marché), avant de changer leur modèle de base

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Lancer un réseau social lié à du hardware, c’est risqué, car par nature, on n’y trouvera pas tout le monde…

Là où Apple est malin, c’est que ça va permettre au client de suivre les artistes, avec lesquels Apple a quand même des relations privilégiées vu son statut de premier vendeur de musique au monde, et de lui permettre de créer un lien privilégié avec eux, ce qui est exactement ce que souhaite le public aujourd’hui.

J’ai hâte d’essayer cette version, car il faut bien dire qu’à partir d’une certaine taille de discothèque, l’enjeu n°1 c’est bien de découvrir facilement de nouveaux morceaux, et on a qu’une envie, c’est de les partager avec ses proches.

Enfin, troisième nouveauté, bien attendue dans les rumeurs, une refonte de l’apple tv.

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Un peu de recul me paraît intéressant:

L’action d’Apple a été multipliée par environ 80 depuis l’arrivée de Steve Jobs en 1997.

Elle a atteint en juin dernier son plus haut historique

La capitalisation d’Apple est la 2 eme des Etats-Unis, après avoir maintenant dépassé celle de Microsoft.

Steve Jobs n’a jamais dirigé Apple en fonction du cours de bourse, mais celui-ci traduit bien les enjeux.

Après avoir inventé le marché de l’ordinateur familial, révolutionné ceux de la musique et de la téléphonie, Steve Jobs se cherche un nouveau challenge.

L’iPad vise à proposer de nouveaux usages de consommation de divertissement, autour du jeu, du surf internet, de la lecture, et de la vidéo. Parmi ces 4 sujets, le jeu et la vidéo sont les plus gros enjeux.

Pour le jeu, c’est d’une certaine façon déjà en cours, puisque Apple vend maintenant plus de iOS devices que Sony et Nintendo réunis. Et d’ailleurs, l’histoire n’est pas finie pour autant puisque Apple lance ce mois sa communauté sociale autour des scores de jeu, Game Center.

Or pour la vidéo, si on veut pouvoir avoir une expérience fluide, le streaming s’impose. Les tailles de fichier sont trop importantes pour pouvoir attendre le téléchargement sans s’impatienter, en tout cas en HD, c’est-à-dire le format du futur proche, celui qui donne envie d’acheter / louer du contenu.

Et puis, il y a la télé, source de contenu vidéo « frais » bien adapté à une consommation immédiate et rapide, et où les exigences de qualité y sont moins importantes, et plus compatibles avec les difficultés ponctuelles de débit que posent encore le wifi.

Tout ça fait que malgré des débuts peu encourageants, Steve Jobs persiste à vouloir créer de nouveaux usages de consommation de la vidéo à la maison.

La nouvelle version de l’apple TV est effectivement tentante, à 99$, basée principalement sur du streaming, et sur une logique de location avec un accès privilégié à du contenu TV. Et bien sûr en complète compatibilité avec l’iPad qui pourra streamer du contenu vidéo et des photos sur le grand écran plat LCD tout neuf du foyer. Bref, ça réinvente aussi la télécommande. Il n’y a « plus qu’à » approfondir le catalogue de contenu dans les principaux pays, ce qui est lancé, (les films sont maintenant disponibles sur l’Itunes Store france) et les conditions de succès semblent maintenant réunies.

Au total une keynote intéressante, recentrée sur un usage ludique de l’informatique, et dont un des plaisirs est de voir que malgré sa maigreur Steve semble avoir retrouvé toute sa forme.

Ziinga.com ou la vengeance de l’épicier…

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Gagner de l’argent sur un site de e-commerce, c’est loin d’être évident.

Pour faire court, vous êtes en concurrence avec des sociétés multi-milliardaires qui font du commerce en vendant tout ce qui peut être profitable depuis 30 ans, et ne dégagent que 1 à 2 % de marge nette sur chiffre d’affaires.

Mais à supposer que vous ayez trouvé un modèle d’affaire rentable, par exemple en vendant des produits non trouvables facilement dans le commerce physique, ou en économisant sur les frais de stockage ou de personnel, vous êtes à un clic d’un concurrent online potentiel qui fera la même chose que vous et vous obligera à tirer les prix vers le bas.

Internet ou le retour de Marx, qui comme chacun sait prévoyait l’effondrement du capitalisme par l’annulation du taux de profit du fait de la concurrence ?

Du coup, après une décennie de course à la part de marché où tous les acteurs du e-commerce ont essayé d’éliminer leurs concurrents en se battant sur le prix, on voit apparaître de plus en plus de tactiques pour rendre les prix moins comparables, et la concurrence moins dure: prix de livraison opaques, services d’assurance facturés en sus, délai de livraison allongés, …

Et voilà que survient un site qui me paraît être le Michel-Ange de l’épicerie: ziinga.com

En effet ce dernier réussit le miracle de vous vendre le droit de payer plus cher !

Enfin plus précisément, de vous vendre plus cher que le prix du produit, le droit de l’acheter moins cher…

Le dernier iPhone a par exemple été vendu environ 20 000 €…

…qui se répartissent entre 19 800 € de droit de l’acheter, répartis entre tous les candidats acheteurs, et 200 € de prix d’achat pour un acheteur unique.

L’astuce est de vous faire croire que vous pouvez être cet acheteur unique en faisant payer le droit de l’acheter aux autres. Et bien sûr en vrai, ça ne se passe pas comme ça: vous payez en moyenne la même chose que les autres, c’est statistique

S’il y a assez de candidats acheteurs, par exemple 1000, vous payez 19,80€ une chance sur 1000 de pouvoir l’acheter 200€. Mais comme vous ne savez pas que vous êtes 1000 dessus, ça vous parait une bonne affaire ! d’autant plus que vous ne payez pas les 19,80€ en une fois mais par coups de « crédits » qui valent environ 1€…

Le plus incroyable, c’est qu’on peut aussi acheter ces « crédits » pour dix fois leur prix, avec le même système ! En vous y prenant bien, votre iPhone peut vous revenir à 200 000€ 😉

Le plus drôle, c’est qu’une fois le site construit, vous pouvez le gérer avec 3-4 personnes: hier, si les chiffres affichés sont exacts, il a été vendu pour environ 40 000 € sur environ 20 produits (plus les droits d’acheter associés): une épicerie, je vous dis !

Est-ce que tout ça est bien légal ?

Ça en a l’air. Le site a réussi l’exploit de transformer ce qui dans la pratique s’apparente pour le commun des mortels à une loterie, une activité règlementée, en site d’enchères sans obligation d’achat, un domaine a priori libre. Mais on pourrait plaider l’abus de droit. Des sites d’enchères inversées sur un principe un peu équivalent ont été contraints à la fermeture.

Est-ce que ça a un avenir ?

Dans sa forme actuelle, les profits me semblent bien trop élevés pour pouvoir créer une audience fidèle (on paie 10 à 100 fois le prix normal, statistiquement. A comparer à la Française des Jeux où l’on ne paie que deux fois les sommes reversées ). Par contre, rien n’empêche ziinga de diminuer ses marges. Et s’ils ne le font pas, la concurrence les y poussera…

Plus généralement, on va probablement voir se développer des rapports marchands un peu différents, où l’on vous « vendra » des services de divertissement ou de l’espoir de gains rapides de façon plus ou moins transparente. La difficulté étant de trouver le bon curseur entre la tromperie manifeste et l’exploitation du goût naturel de beaucoup pour les jeux de hasard.

Next Big Thing, la suite

Bon j’ai un papier en retard.

Qu’est-ce qui va nous arriver dans les 10 ans ?

Ce genre de sujet est difficile.

D’abord il y a de la concurrence. Plein de gens qui disent n’importe quoi, et qui se recopient les uns les autres. Difficile de trouver la bonne inspiration.

Ensuite, à la différence de la plupart des processus d’apprentissage, il n’y pas de boucle de rétroaction. Pas d’instituteur sévère pour vous taper sur les doigts en vous disant « vous vous êtes trompé »; il est donc quasi impossible d’apprendre de ses erreurs, tout simplement parce qu’on ne se rappelle pas vraiment ce qu’on pensait il y a 5 ans et surtout, quelles étaient les hypothèses associées.

Il faut donc avoir au fil du temps à la fois la vision sur ce qui plait (facile, ça prend juste un peu de temps), et sur ce qui est rentable (beaucoup plus dur, car on ne claironne pas sur les toits sa situation financière instantanée, et encore moins ses échecs); et en construire des intuitions, qui, par définition ne sont pas des argumentaires rationnels, et donc toujours délicates à communiquer

Ces précautions un peu hypocrites étant posées, que dire ?

D’abord le cadre:

– connectivité permanente et abondante (de plus en plus forfaitisée, c’est-à-dire non payée à l’usage, même si le mobile résistera plus longtemps que l’accès fixe, pénurie de ressources hertziennes oblige)

– domaine de la gratuité de plus en plus étendu,

i. parce personne ne veut payer pour du contenu, tout au plus paie-t-on pour un support pratique, mais un nouveau support digital, c’est tellement intangible que c’en est une gageure

ii. parce que la dynamique des startups innovantes fait qu’elles doivent d’abord croître pour se valoriser (et le gratuit est la meilleur dépense marketing, celle où le coût d’acquisition client est le plus faible), et qu’une fois établi, on trouve toujours un business model de financement gratuit, que ce soit par la pub ou par le rachat pour conforter des services tiers (augmentation de la stickyness / diminution du churn). Une variante de cet argumentaire étant de remarquer que les internautes les plus efficaces pour créer du buzz, et donc les moteurs de toute campagne de marketing virale sérieuse, sont les post-ados, qui n’ont pas d’argent.   

iii. parce que le gratuit est déjà très présent, ou au moins la gratuité marginale (on ne paie pas plus pour consommer plus) comme on peut en trouver des exemples ici

– arrivée dans la vie professionnelle des « digital natives », ceux qui n’ont jamais rien connu d’autre que le numérique et la connectivité permanente

– effondrement du prix du hardware, en particulier des écrans

– basculement de l’économie mondiale à l’Est, avec un milliard d’individus solvables ayant de nouveaux besoins à satisfaire

… et les prédictions :

– floraison de devices dédiés divers: GPS, e-books (orientés presse et magazines), lecteurs Vidéo On Demand, cadres photo (e-paper couleur), aides cuisine (reliés à l’achat par internet), ordinateurs de bord sur vélo, coaching sportif (gps), traqueur d’animaux familiers, suivi médical…

– parallèlement le smartphone résiste en complémentant les innombrables mobiles applications par des périphériques dédiés modulaires et devient l’interface de commande de référence dans la maison

– dissociation physique du smartphone entre la composante voix (intégrée dans des bijoux déco) et la composante donnée sur écran. Les durées de communication explosent. Pénétration très progressive cependant.

– réalité augmentée banalisée (smartphones, voitures) donnant accès de façon visuelle en surimpression à des informations sur son environnement physique immédiat.

– moteur de recherche graphique, qui, à travers le mobile , donne accès à de l’information sur ce que je vois: produits, lieux, gens (reconnaissance des visages). Plutôt payant car couteux en ressources de calcul.

– disparition de la souris. Accès des personnes âgées à l’internet.

– accès possible à toutes ses données personnelles depuis n’importe quel point (PC) de connexion. Backup permanent

– disparition des CDs DVDs CD-ROMs, … Tout est dans le Cloud et téléchargeable.

– fin de l’hégémonie des cartes bancaires; le mobile devient un outll de paiement accepté presque partout

– début de la disparition de la TV comme média de broadcast inscrit dans une grille de programme, pour devenir un terminal connecté de plus, orienté loisir, nourri par un flux de contenu déstructuré et personnalisé.

– création de licence globales dans certains pays et sur certains secteurs faute d’un business model rentable (musique, presse, une partie des contenus vidéos)

– communautarisme de réseaux: les gens se regroupent par affinité, pour le meilleur (réseaux d’affaires, sociaux, …) ou pour le pire (pirates, pédophiles,…) , à travers des outils de communication privées bien sécurisés, inaccessibles aux Etats, où ils s’échangent informations et données en impunité forte.

– parallèlement le concept de vie privé devient de moins en moins pertinent , d’abord parce que les jeunes ne s’y retrouvent pas, ensuite parce que chaque action privée devient une brique de son personal branding qui est nécessaire à toute existence sociale. De toutes façons, vidéosurveillance, tracking mobile et badgeage sont devenus omniprésents

– l’internet des objets fait son apparition, puisque ceux ayant le plus de valeur sont maintenant identifiables à distance à travers des étiquettes RFID donnant droit à des services additionnels au consommateur.

– le travail est modifié: le télétravail est banalisé pour faire face à l’augmentation des loyers de bureau et éviter l’inconfort des open space; la collaboration en ligne, wiki et autres blogs, devient indispensable en entreprise pour retenir les nouveaux embauchés et garantir la réactivité dans une économie mondialisée toujours plus concurrentielle. On peut d’ailleurs trouver ironique cette socialisation de l’espace de travail sous la pression des actionnaires.

– les concepts qui ont créé la société de consommation, produits et marques, doivent s’adapter dans un contexte de demande paradoxale qui exige des premiers non seulement de de ne plus être jetables mais d’être évolutifs tout en restant fiables, et des deuxièmes d’être transparentes et crédibles tout en rejetant leur communication traditionnelle. Les pistes de solution ne sont pas claires et la transparence sous forme de produits virtuels (miroirs des produits physiques) et de communautés d’utilisateurs auto-gérées, outre qu’elle laissera de nombreuses entreprises sur le carreau car incapables de suivre, pourrait entrer en conflit avec des circuits de distributions et des tactiques de pricing de plus en plus opaques.

A celà s’ajoute que la société de consommation étant intrinsèquement basée sur la création de nouveaux besoins dénoncés comme futiles par une partie croissante de la population occidentale (qui s’inquiète à juste titre des conséquences de la poursuite de la croissance sur l’équilibre écologique à l’horizon d’un siècle), le risque d’une déflation en Occident existe, tandis que l’Orient sera lui aussi naturellement concentré sur la fourniture des produits et services les plus basiques pour sa nouvelle classe moyenne.

– une vision optimiste serait une évolution vers une société de création, où sous l’impulsion de « role models » mettant en valeur l’expression de soi, le temps libéré par la baisse de consommation serait consacré à des activités plus créatrices et finalement plus satisfaisantes, lesquelles, dans une économie numérique ne sont pas très couteuses. Plutôt que de s’endetter pour s’acheter une voiture neuve, on fera des photos pour décorer sa maison.

Et pour finir ?

On pourrait dire que les années 70s et 80s ont été celles de la consommation, favorisant la vente de produits, les années 90s et 2000s celles de la communication, favorisant la consommation de services plus ou moins payants, et on peut se demander si les années 2010s ne seront pas « sociales »

« Sociales » au sens où l’économie social-démocrate qui gouverne l’Occident pourrait glisser de plus en plus dans le social:

– déstabilisée par une crise financière sans précedent depuis 29, qui a dynamitée la croyance dans un modèle de capitalisme individuel pouvant s’auto-réguler, et dont la survie n’a été possible qu’à travers une intervention massive de l’état   

– attaquée par l’économie numérique dans le fondement même d’un de ses pilliers, l’ordre marchand, à savoir le lien entre la propriété et l’usage. Une propriété de plus rejetée implicitement au moins en partie par la majorité de la population jeune montante, qui vit dans un monde de gratuité pour ses loisirs. Une population qui par ailleurs à de grandes difficultés à accéder par le travail à un niveau de vie égal à celui de la génération précedente.

– mise en accusation dans sa nature même à cause de ses responsabilités passées et futures dans le réchauffement de la planète, risque écoloqique global maintenant reconnu par l’opinion publique

– enfin construite de plus en plus sur une inter-relation forte entre ses membres, une autre façon de dire que la valeur boursière est de plus en plus « user-generated »

Le Next Big Thing des années 2010 pourrait être un infléchissement du seul système qui a réussi à créer de la valeur et de la prospérité de façon acceptable depuis un siècle:

– en sortant une part importante de l’économie de la sphère du monétisé

– en basant de plus en plus la richesse sur des biens publics communs

– en partageant (pour ne pas dire socialisant) le financement de nombreuses activités

– en légitimant le rejet du modèle précédent par une part grandissante de sa population

On pourra s’étonner de voire un article commencé sur la recherche de la prochaine tendance consumériste se saborder ainsi, mais ainsi vont les prédictions: elles se construisent sur des intuitions qui se cristallisent de façon autonome.

A cet égard, 2009 ayant été l’année de toutes les ruptures (financière -crise et endettement- , économique -recession-, politique – obama-, écologique -prise de conscience des gouvernements), elle fait un bon candidat pour inaugurer une rupture sociale

Ainsi vont aussi les blogs: ils permettent d’ouvrir des conversations sur des sujets encore incertains.

Personne n’a jamais vendu de contenu

C’est la thèse intéressante de Paul Graham, un des meilleurs capital-risqueurs de la silicon valley

http://www.paulgraham.com/publishing.html

On n’a jamais vendu de contenu mais:

– soit de l’information, c’est-à-dire un moyen de gagner plus d’argent

– soit de la forme (un support): une façon pratique d’accéder à du contenu

A partir de là on peut être inquiet pour ceux qui veulent vendre du contenu sans support (la musique)

Next Big Thing ?

Les ruptures technologiques et économques qui ont changé la vie des gens:


1970’s

Téléphone

Télé couleur

Hi-Fi, K7, musique populaire consommée en masse

Hypermarchés

1980’s

Walkman, CDs

Radios FM

Magnétoscope

Voyages de masse


1990’s

Ordinateurs, portables

Internet (ebay, amazon, bourse), sites persos, mail

Mobile

Concurrence, distribution spécialisée (habillement, bricolage, parfumerie, sport…)

Bouquets TV

Bourse


2000’s

connecté: ADSL, wifi, IM, iPhone,

gratuit: musique, logiciels, films, news, info, stockage…piratés, donnés ou financé par la pub

communautés virtuelles (blogs, Facebook, Myspace, LinkedIn, twiiter…)

connaissance en accès direct: google, wikipedia, YouTube,

digitalisation: musique, photo, films en cours

Mythes: séries télévisées, films épopées, jeux vidéos massivement multi joueurs,


2010’s

Suite dans un prochain post …

Last.fm, le futur de la musique

 last.fm logo

last.fm vient d’être racheté pour plus de 300 M$ par CBS.
L’idee originale de last.fm était de s’appuyer sur la consommmation musicale réelle des internautes pour leur proposer des services personnalisés de recommendation, qui ont débouché sur des radios ciblées.
Probablement une des tendances majeures du futur de la musique: une écoute très ciblée basée sur une affinité forte avec les goûts réels de l’auditeur