Apple keynote

Quels sont les points importants de la dernière annonce d’Apple à ses développeurs ?

J’en note cinq:

– Steve Jobs est toujours vivant, et même s’il semble affaibli, souhaitons-lui de le rester longtemps.
– La souris elle va bientôt mourir. En tout cas, elle a disparu sur les portables qui représentent les 3/4 des ventes, au profit de trackpads et de gestes plus fluides que l’on retrouvera bientôt sur les macs de bureau
– Malgré un effort louable pour faire évoluer le système d’exploitation de leurs ordinateurs à travers des nombreuses astuces bien pensées, (j’apprécie particulièrement la gestion des versions de documents, les rendus plein écran, l’accès simplifié aux espaces de travail et la sauvegarde des contextes des applications quand on les quitte) le basculement vers le monde des appareils nomades est maintenant irréversible. Le signe le plus frappant est qu’il est maintenant possible de s’équiper en iPhone ou iPad sans avoir de PC. Cela concerne plus des deux tiers de la population chinoise et un quart de la population française. Vous pouvez maintenant connecter votre vieille mère technophobe à internet.
– On entre vraiment dans l’ère du cloud. Toutes vos données personnelles, carnet d’adresse, rendez-vous, mails, mais aussi documents, livres, photos sont maintenant synchronisées en temps réel, automatiquement entre vos ordinateurs et vos terminaux, même votre télé, à travers l’apple tv. Et celà gratuitement, tant qu’on reste sur des volumes limités. C’est la suite logique de MobileMe, un service bien pratique au quotidien. Plus que dans la sauvegarde ou l’accès ubiquitaire, la valeur est dans la synchronisation transparente pour l’utilisateur. Et comme Jobs le souligne, cela suppose la maitrise de l’OS des devices et de l’écosystème de développement. Seul androïd peut rivaliser. Mais la barre est haute.
– La musique reste le produit d’appel par excellence, et Apple cherche à capitaliser sur son avantage de premier retailer au monde pour continuer à vendre son ecosysteme matériel. La guerre des quatre, Apple, Amazon, Google et Facebook (avec spotify) va faire rage. Apple joue la carte de la qualité en offrant un service qui permet d’upgrader toute sa bibliothèque musicale à 256kbps AAC, un format pratiquement indistinguable de la qualité CD, sous réserve de la mettre dans le nuage, çe qui permet de la rendre disponible sur tous ses devices. Pour 25$ :-). Par an :-(. Une sorte d’entreprise de blanchiment gigantesque des énormes quantités de musique piratée qui résident sur les disques durs du grand public. L’offre est habile, mais suffira-t-elle à convaincre un public qui se détourne de plus en plus vers de la musique streamée à volonté ? En l’état, j’en doute, surtout après le flop du service viral Ping (dont on sait qu’il est dû au désistement à la dernière minute de Facebook). Mais à terme, sûrement, une fois qu’elle sera complétée par une offre de découverte de musique gratuite, qui doit déjà être dans les cartons.

En définitive, Apple a encore prouvé qu’elle était à la pointe de l’innovation technologique et que dans une industrie où les éléphants sentent l’appel du cimetière, elle avait les gènes pour survivre, dusse-t-elle muter sans regarder en arrière.

P.S: l’intégration à Twitter est frappante. Quand on la relie au clash qui a eu lieu avec Facebook, on peut se demander si, de même qu’Apple a choisi d’enterrer Flash, avec une première partie plutôt gagnée, Apple ne parie pas sur l’essoufflement de Facebook. Un pari qui pourrait être gagnant, car si Facebook n’est pas encore mort, des signaux faibles inquiétants apparaissent (à suivre dans un billet ultérieur…)

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Pourquoi y a-t-il 24 heures dans un jour ?

prague2.jpgLe monde tourne depuis déjà quelque temps autour de fines aiguilles. Ces fines aiguilles qui surveillent le temps qui passe, et sans lesquelles les trains ne partiraient pas, les cinémas feraient faillite et les amoureux s’attendraient en languissant.

Ce temps si moderne, il est mesuré depuis longtemps, et sa mesure s’est d’abord imposée à nous: l’année, le jour, la nuit, sont les enfants de la nature. Mais qui a décidé qu’il faudrait 24 heures dans une journée. Et pourquoi ?

Pourquoi pas 12, 10, 20, 100 ?

Et bien on ne sait pas.

Alors on imagine.

On sait que cela était déjà joué entre l’Egypte et Babylone, à cette époque où l’on inventait l’écriture, vers 3000 avant JC

Il y a trois grandes théories:

l’astrologie: tout viendrait des 12 signes du zodiaque.

Selon des vestiges archéologiques, les signes du zodiaque étaient utilisés pour identifier les heures. Parce qu’elle tourne autour du soleil, la Terre voit tout au long de l’année le soleil se coucher dans des régions différentes du ciel. ces régions, repérées par des étoiles ont été identifiées à des signes du zodiaque.

Parce que la Terre tourne sur elle-même, pendant la nuit les signes du zodiaque tournent dans le ciel, d’où l’idée de les réutiliser pour compter les heures. Comme il y avait 12 signes du zodiaque, il y aurait eu 12 heures dans la nuit, et aussi dans la journée. Les 12 signes du zodiaques sont la conséquence probable qu’une année compte à peu près 12 mois lunaires (12,3 par rapport au soleil)

les mathématiques: les babyloniens comptaient en base 60, où 12 est une subdivision naturelle.

Très tôt, on a dû couper le jour en deux: la journée et la nuit. Dans la journée, pour mesurer le temps on utilisait certainement les ombres, à la manière d’un cadran solaire. Assez rapidement a dû s’imposer la notion de midi, une coupure physiologique nécessaire pour manger, et un moment où le soleil est au zénith et l’ombre quasi nulle. Bref on avait 4 demi-jours. La notion de demi-journée étant trop vague il a fallu aller plus fin, et rediviser. Par 2,3,4,5,6,7,8,9? Il est probable que 2 et 3 étaient trop grossiers, et que 6 avait l’avantage de pouvoir boucler sur 12 heures par journée, ce qui fait 24 Heures par jour. Ce qui avait aussi ses côtés pratiques: on peut diviser 6 par 2 et 3 et donc organiser un après midi entre deux ou trois activités.

Plus tard, la division en minutes et secondes apparaitra, considérée comme liée à l’utilisation de la base 60 par les babyloniens.

les mains: 12 phalanges

Avant de savoir compter vraiment, on devait être capable d’énumérer sur quelques unités. Sur 10 doigts, ou sur 12 phalanges par main (hors pouce). 6 heures serait l’option préférée si on compte sur 12 phalanges. Et comme la base 60 s’est imposée, on peut penser que c’était le cas.

Au final, peut-être les 3 théories se sont-elles conjuguées pour converger vers 6 heures par demi-journée.

En regardant bien dans votre superbe montre suisse, vous devriez maintenant apercevoir un babylonien qui compte ses phalanges…

Les femmelettes écrasent les machos

Un-amas-d-etoiles-en-creation-situe-dans-la-Voie-Lactee Il y a un peu plus de cent ans un obscur employé au service des brevets de Berne dynamitait tranquillement rien moins que la conception du monde de ses contemporains.

Le temps et l’espace étaient relatifs, la notion de simultanéité n’avait pas de sens, la masse c’était de l’énergie, la lumière c’était à la fois une onde et des particules, dont la vitesse était indépassable bref, tous les physiciens retournaient en cours préparatoire pour apprendre à compter.

Pendant vingt ans, tout le monde s’est agité, et au lieu d’enfermer l’hurluberlu, on a fini par lui donner un prix Nobel, malgré qu’il ait entre temps affirmé que les rayons de lumière étaient courbés par les forces de gravitation, et autres zakouskis hermétiques que de guerre lasse, on appela relativité générale, qui sonnait mieux que subjectivité extrapolée ou variété pseudo-riemanniene quadri-dimensionnelle.

Pendant près d’un demi-siècle, on resta sur les mêmes idées qu’on développa sans vraiment les prendre en défaut, donnant naissance à toute un peuple d’atomes, protons, électrons, neutrons, grosso modo des concepts à la portée d’un enfant de 5 ans, puis plus tard quarks, gluons, bosons, déjà un peu plus exotiques, avec leur couleurs, charmes, étrangeté, beauté…

Dans le ciel, il y avait les étoiles.

Assez rapidement on s’aperçut qu’elles s’éloignaient les unes des autres et que cela pouvait être expliqué par une expansion de l’univers. Une hypothèse d’ailleurs formulée par notre allemand chevelu, même si lui n’y croyait pas

Les étoiles étant en interaction par les forces de gravitation (elles s’attirent sous l’effet de leurs masses), l’observation de leurs mouvements devrait être en relation avec ce qu’on sait des masses ds étoiles.

Et alors là surprise. il manque 80%-90% de la masse. Vu les mouvements observés, on peut assurer avec certitude que la plus grande part de la matière nous reste invisible

C’est là qu’apparaissent deux candidats, les WIMPs (femmelette, mauviette en anglais) et les MACHOs.

Les Weakly Interacting Massive Particles, des particules nouvelles, qui n’interagiraient que très peu (d’où la difficulté à les repérer) et rempliraient tout l’espace, et les Massive Compact Halo Objects, des objets énormes, faiblement lumineux, genre étoile morte, l’étape avant le trou noir, (ce genre de truc dont un dé à coudre de matière pèse un milliard de tonnes).

Jusqu’à récemment, on hésitait entre les deux théories.

C’est alors qu’on a lancé Hubble, un mignon téléscope de 11 tonnes en orbite à 600 kms de la terre, pour pas être dérangé par les moustiques et la fumée de barbecue des voisins. (en 1990)

On a pu ainsi regarder le ciel au fond des yeux. Compter les étoiles dans notre galaxie, la Voie Lactée. Environ 200 milliards. Compter les galaxies. Environ 100 milliards. (oui, ça en fait des candidats à des planètes « vivables »). Et encore, c’est que le visible. On sait pas ce qu’il y a au-delà

Et compter les MACHOs. Et là bingo, les MACHOs ne font pas le poids.

Donc on pense que l’univers est peuplé de femmelettes. Beaucoup beaucoup, puisque ça fait dans les 10 fois le poids de toutes les étoiles (environ 10^^80 atomes, pour ceux qui aiment les chiffres)

Mais tellement peu courageuses qu’elles se cachent. En gros on arrive pas à les voir ou à leur taper dessus.

Alors on a créé des petits lieux cosy, où on n’est pas dérangé, comme une cave sous le tunnel du mont-blanc, à 1700 m sous-terre. Là on espère en voir une demi-douzaines en deux ans. Si, si on ne rigole pas.

Si on trouve ces 6 là, on pourra en déduire que l’ensemble de l’univers, à 90% est fait de ça. C’est beau non ?


Allez c’est pas fini. Il y a un bonus.

Donc d’abord on n’est qu’une planète sur les huit du système solaire (Pluton, a été dégradée, vous ne saviez pas ? Trop de mauvaises fréquentations dans son entourage. Une vraie planète doit savoir se faire respecter)

Ensuite notre soleil n’est qu’un étoile parmi des dizaines de milliers de milliards de milliards. (ça calme)

Ensuite toutes ces étoiles ne sont qu’environ un dixième de la matière existante.


Mais en plus il y autre chose. Autre chose que de la matière.

On ne sait pas très bien quoi. On l’a appelé énergie du vide, ou énergie sombre.

Son existence découle de l’observation de l’accélération de l’expansion de l’univers. Oh c’est pas très rapide. Environ x3 tous les 15 milliards d’années. Mais ça accélère. Et en gros, c’est l’énergie sombre qui produit cette accélération. ça représenterait 70% de l’énergie de l’univers, en vertu des équations du vieil Albert, qui sont toujours valides (il parait qu’à trois ans il parlait toujours pas, il s’est bien rattrapé).

Et les 30% qui reste, c’est la matière de l’univers. Oui E=mc2, je vous rappelle.