Wikileaks, encore

WikiLeaks-Logo.jpgFinalement, le dessin de Plantu qui montre les journalistes dépassés par la situation me parait bien résumer cette histoire, dont on ne fait que  commencer à comprendre les tenants et aboutissants.

Pour commencer, il faut bien comprendre que Wikileaks ou Assange seront remplacés s’ils arrivaient à disparaitre. Cela vaut d’eux vus comme canaux de diffusion, puisque malgré les efforts de censure des puissances publiques, on assiste à une génération spontanée de copies tout autour du monde. Cela vaut d’eux aussi comme entités, car leur volonté de transparence absolue correspond à une idéologie très présente chez une minorité agissante, voire, jusqu’à un certain point à une demande du public. Le fait que les grands médias soient présents montre qu’il existera, en dehors Wikileaks, une caisse de résonance pour les whistleblowers. D’ailleurs, wikileaks n’est jamais que la version 2 du canard enchainé, étendu à l’échelle internationale, et transposé au monde digital

Personnaliser le problème ne semble donc pas la solution.

Ensuite, on voit bien que le fait de receler et diffuser des informations privées peut être illégal, et ce dans tout pays. Chaque législation nationale sera donc confrontée à un arbitrage, et amenée à décider où elle veut mettre le curseur entre liberté d’expression et cette illégalité.

Ce sujet ne va pas se régler simplement.
D’abord, les états respectent assez peu la vie privée des individus. On le voit avec les « pornoscaners », comme on commence à les appeler ( ces systèmes qui déshabillent les gens dans les aéroports américains), les systèmes d’écoute des communications électroniques, les fichages divers. La volonté d’une réciprocité, une plus grande transparence du pouvoir envers les citoyens, risque donc d’augmenter et devenir une demande démocratique majeure qui pourrait avoir une traduction juridique.
Ensuite, la presse a déjà droit à de nombreux « privilèges » de protection des sources, et chacun reconnait son rôle de quatrième pouvoir et sa fonction essentielle dans le fonctionnement d’une démocratie. Comment définir une frontière claire entre le journalisme et le blog d’investigation ?
Cependant, la transparence totale ne peut pas être la règle, puisque ça tuerait toute innovation, tout accord commercial, toute diplomatie.
Enfin, il sera difficile d’harmoniser toutes les législations nationales, alors que les flux d’information se jouent des frontières.

Si on revient à wikileaks, on y trouve de tout. Des gossips, comme le titre the economist, mais aussi des vraies révélations: des arabes veulent que les Etats-Unis bombardent préventivement l’Iran pour éviter qu’ils accèdent à la bombe nucléaire, un président bolivien qui contrôle la production locale de cocaïne, les us instrumentaux dans la guerre anti-al Qaida au Yemen, la loi hadopi en France poussée par le lobby hollywoodien…

On comprend donc mieux l’émoi des politiques.
Et en même temps, que fait-on contre les pédophiles, les mafias diverses, les extrémistes politiques ou religieux qui utilisent internet? On a l’impression au vu des réactions que wikileaks est bien plus dangereux !

On en revient au vrai sujet: comment faire face à cette demande de plus grande transparence, sachant que la transparence peut aussi éviter des guerres, dont on sait qu’elles sont parfois plus dictées par des intérêts privés que par le bien public.

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