Licence globale

La loi Hadopi fédère contre elle l’ensemble des anti-sarkozystes, les défenseurs des libertés individuelles, les puristes du droit, les anarchistes, les jeunes sans le sou… ça fait beaucoup

On devrait aussi y rajouter des économistes.

Car bien sûr il faut trouver un nouveau modèle économique pour les biens numériques, d’une part parce que l’ancien se fissure de toute part (division par deux du CA de l’édition musicale française en 6 ans, malgré la multiplication de usages), d’autre part parce que la culture se nourrit de la diffusion des oeuvres, et que donc tout système qui incite à la diffusion large tout en rémunérant les artistes est plus efficace qu’un système où l’on paye des intermédiaires techniques pour empêcher cette diffusion

Le terme de licence est certainement mal trouvé, puisqu’on met l’accent sur le droit d’utilisation plus que sur la rémunération, sans parler du double sens de licence, qui laisse à penser que le système n’est pas très moral !

Par analogie avec ce qui existe dans notre beau pays, on pourrait parler de taxe sur la culture ajoutée, contribution culturelle généralisée, assurance culturelle, culture sociale, cotisation culture, redevance culturelle…

En réalité, il y a énormément de biens que l’on consomme sans en payer directement le prix: soins de santé, prestations d’assurances diverses, infrastructure routière, admistration, enlèvement des déchets, justice, police, éducation primaire et secondaire, télévisions et radios publiques; D’autres dont la consommation est obligatoire ou quasi: assurances voiture, risque habitation, assurance des enfants, part fixe des abonnements eau, gaz, electricité, téléphone; et d’autres où le marché impose le forfait à taux fixe: internet, ski, clubs divers à cotisations annuelle, ….

Sans parler des taxes diverses qui subventionnent l’industrie culturelle (taxes sur les supports vierges, contribution des chaines payantes à la production cinématographique française, et j’en oublie certainement)

On ne voit donc pas très bien où serait le problème moral à trouver un système obligatoire, à l’assiette bien définie, qui contribuerait à financer l’industrie musicale, et peut -être aussi cinématographique

Si l’on ne parle que de la musique, taxer chaque abonné d’internet de 3€ par mois devrait à peu près couvrir l’ensemble des reversement des droits du marché des CDs: pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

La réalité, c’est que c’est les intervenants de la chaine industrielle (pressage CD, logistique, distribution) ainsi que les profits des éditeurs sur les gros tubes qui seraient entamés. Avec un gros risque de dilution des revenus vers des artistes moins connus (un appauvrissement de la valeur du portefeuille en quelque sorte)

Est-ce vraiment sauver les artistes que de les défendre ?

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