Vote de la loi Hadopi en cours

La loi Hadopi résulte d’une double erreur d’analyse et d’un mauvais calcul politique.

– croire que la baisse des revenus de l’industrie est principalement liée au piratage, alors qu’elle est avant tout un retour à un ordre économique rationnel: les consommateurs ne veulent plus payer 20 € pour un album CD, quand seuls quelques morceaux dont la valeur perçue est de quelques euros les intéressent, qu’ils écouteront une à deux fois en moyenne. (1,2 selon les études)
– croire que des tendances lourdes de modification des usages (l’écoute de morceaux en streaming sur ordinateur, radio ou lecteur mp3) puissent s’inverser par le simple pouvoir d’une loi techniquement inapplicable – un mauvais calcul politique qui a laissé croire qu’en dénonçant le piratage (par opposition à la mériteuse accession à la propriété) et toute socialisation de la dépense culturelle (par opposition à la rétribution de la meilleure performance commerciale), on se rachèterait une cohérence idéologique de nature à satisfaire un électorat conservateur que l’on souhaitait rassurer.

Que le calcul soit mauvais n’est peut-être pas encore apparu à tout le monde, mais cela finira par exploser quand Hadopi sera retoquée ou se révèlera inapplicable

Le vrai problème, pour poser des propositions, c’est bien de partir du diagnostic: on ne pourra revenir au même niveau de revenu au niveau de l’industrie qu’en en donnant plus au consommateur, et donc en faisant exploser un modèle à l’acte tout en créant de nouveaux services.
D’un côté faire en sorte que plus de gens consomment davantage, de l’autre orienter les plus disposés à payer vers des services à valeur ajoutée. Le temps où l’on payait 10 € pour une heure de musique est révolu définitivement
Concrètement, cela se traduit par la licence globale pour tout le monde, en s’appuyant sur cette chance énorme que représente l’appétit d’exploration des internautes, et des concerts payants pour les plus avides de musique.

A ce sujet, il y a probablement beaucoup à faire pour rendre l’expérience d’un concert de rock plus agréable que ce qu’elle est aujourd’hui: payer 20 à 50 € pour rester debout pendant deux heures derrière un grand échalas qui vous cache la scène, après avoir attendu une heure en défendant sa place…

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