Point de rupture pour l’industrie musicale

 Images 00 2007 Novembre Ph1 1

2009 sera probablement une date à marquer dans l’histoire de la musique.
D’une part la crise économique s’annonce chaque jour plus brutale avec son lot d’annonces anxiogènes, licenciements, faillites, chutes boursières, restriction du crédit, sans parler des guerres, et on peut imaginer que dans ce contexte, il devienne presque indécent d’acheter de la musique, bien de confort s’il en est, à un prix qui n’est plus perçu comme légitime.

D’autre part, l’offre illégale devient pléthorique. Le lobbying des industries musicales pour mettre en place des lois répressives sur le piratage ayant été globalement mal perçu par le public des consommateurs et surtout contreproductif auprès des pirates. Une noria d’activistes le plus souvent passionnés, parfois financièrement interessés par des revenus publicitaires, ont mis en place des copies pirates en téléchargement gratuit un peu partout sur le net, sur des services d’hébergement anonymes, comme par exemple rapidshare, le bien nommé. Ces fichiers sources sont difficiles à identifier, lourdes à éradiquer, leurs propriétaires difficilement traçables et la répression est peu rentable, car elle touche des petits acteurs (la long tail du piratage).
Et on est toujours à environ 1/3 des internautes qui piratent

Mais surtout, les pratiques d’écoute musicale changent.
Pendant 50 ans on a écouté des albums, sous des formats divers, 78 T, 33T, K7, CD, dans sa voiture ou chez soi, plus rarement en mobilité.
C’est fini.

La musique se dématérialise. Les ventes physiques ont été divisées par 2 en 5 ans. Par 10 pour les ventes de single.
L’Ipod a tout écrasé et on écoute maintenant les morceaux en mobilité ou sur son ordinateur (5 milliards de titres vendus sur l’iTunes Music Store, par ailleurs premier détaillant musical aux US devant tous les circuits classiques offline). A supprimer l’objet physique, on fragilise le concept même d’album. Les derniers IPod proposent une fonction Genius qui permet de générer un ordre d’écoute à partir d’un morceau germe, en fonction d’algrithmes d’affinités entre les morceaux
Le support physique n’est finalement plus adapté car il impose un carcan trop rigide face à des habitudes de consommation où l’on veut tout tout de suite.

Un marqueur clair de cette tendance, c’est l’affirmation des radios IP.
Pandora, Last.fm, deezer, … sont maintenant des services mûrs qui touchent un grand public, habitué à ouvrir un robinet d’où s’écoule la musique de son choix, sans même à avoir à faire l’effort de structurer ce flux.

La musique est devenue une commodité, comme l’eau ou l’electricité, et elle ne coûte pas vraiment plus cher.

Lentement on se dirige vers un modèle de bien public, financé par la taxe.
Aujourd’hui la taxe collectée (par la Socorep) représente 80M€, soit environ 10% du CA de gros musique.
On est donc déjà entré dans cette logique de substitution.

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