En réponse à l’article de Peyrelevade sur le besoin d’augmenter le ratio des fonds propres des banques:
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Il me semble que vous évacuez un peu vite la remarque de Daniel Duparc. (qui dans les commentaires se pose la question si c’est bien les fonds propres le problème)
D’un côté, peut-être faut-il augmenter le ratio des fonds propres des banques car les crises induites seraient trop dommageables. (l’argument de “l’exception bancaire” me semble cependant faible, car j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de faillites d’entreprises, pourtant mieux capitalisées, que de faillites bancaires; et que donc il y aurait bien une exception bancaire en ce sens qu’elles seraient plus sures, ce qui justifie un ratio de fonds propres plus faibles à risque égal)
En d’autres mots, c’est les conséquences qui doivent définir le risque, pas la probabilité de défaut
De l’autre côté, étant plongé moi aussi dans la lecture de the Black Swann, il ne me semble pas qu’une modification modeste des conditions initiales aurait empéché la catastrophe; un augmentation du ratio des capitaux propres, même en le multipliant par 2 aurait-il empêché la crise financière ?
Je ne suis pas expert, mais regardons l’enchaînement des causes:
- crise immobilière liée à un phénomène de bulle intrinsèque à ce marché
- crise des subprimes liée à la crise immobilière et au défaut d’emprunteurs non solvables
- crise bancaire liée à la diffusion des emprunts subprimes dans l’économie à travers le mécanisme des Credit Default Swaps, et donc à la propagation du défaut sur les subprimes
- crise economique et financière (actions) en conséquence
Aucune banque ne peut faire face à une demande subite de remboursement de tous ses fonds.
En l’occurence, la crise est la conséquence de l’existence de “banques” (société de crédit en fait) spécialisée sur un secteur très risqué (le prêt à des clients non solvables) et de l’existence de contrats autorisant le “remboursement” immédiat des emprunt en cas de défaut (les “CDS”)
La question des fonds propres est là secondaire.
C’est le mécanisme bancaire même (je prête ce que je n’ai pas c-à-d avec des ratios de fonds propres très nettement inférieurs à 1) qui est le problème. Pas que le ratio vaille 1/30, 1/17 ou 1/10
Ou pour être encore plus général, le capitalisme est fondé sur la possibilité de se placer aux marges de ses conditions de fonctionnement stable, et du coup il est intrinsèquement instable.
Je vois mal ce qui empêchera des esprits créatifs de travailler sur le ratio risque/rentabilité pour le minimiser, soit en passant le risque à d’autres (le CDS) soit en prenant des risques forts pour une rentabilité très forte (banque d’investissement à l’américaine)
ça n’empêche pas d’augmenter le ratio des fonds propres des banques
Tout simplement, la prochaine crise passera par un autre canal (effondrement de taux de change, retrait massif de fonds d’un pays, effondrement des prix de futures…)
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Mr Peyrelevade, dans son billet “L’exception bancaire” ne prône absolument pas une diminution des fonds propres des banques, ni véritablement une augmentation, mais très exactement un durcissement considérable des RATIOS minimaux de fonds propres imposés aux banques. Il ajoute même “Dans un premier temps, un doublement progressif serait souhaitable”. Ce n’est pas du tout la même chose.
Oops. Il fallait bien sûr lire “réduire le ratio engagements sur fonds propres” et non pas “réduire les fonds propres”.
Merci de la remarque. J’ai corrigé le texte en le récrivant de façon plus claire